Les stages linguistiques et BRIC du FOREM, qu’en est-il?

Question orale de Véronique Durenne à la Ministre de l’emploi Eliane Tillieux.

Mme Durenne (MR). – Madame la Ministre, dans le cadre de ses missions, une série de bourses sont octroyées aux demandeurs d’emploi par le FOREm afin que ceux-ci puissent effectuer un stage en entreprise à l’étranger ou en immersion linguistique, l’un des buts étant une meilleure insertion professionnelle.

Depuis que ces programmes existent, un certain nombre de demandeurs d’emploi ont déjà bénéficié de ces bourses qui leur permettent alors d’améliorer leurs compétences tant au niveau linguistique que professionnel, mais qui leur permettent aussi de découvrir de nouvelles cultures. Le montant de ces bourses est variable, mais les plus élevées, celles accordées pour les destinations vers les pays BRIC, sont de 6 000 euros par stagiaire.

Sans remettre en question le bien fondé de ces échanges, plusieurs interrogations viennent à l’esprit.

Tout d’abord, à ce jour, combien de participants ont bénéficié de ces bourses ?

Est-il possible de détailler selon le type de stage – entreprise, BRIC, immersions linguistiques, et cetera ? Ces résultats répondent-ils aux attentes ?

Le programme produit-il les effets escomptés en termes d’insertion professionnelle ?

Une reconduction de ce programme est-elle envisagée lors de cette législature ?

Si oui, prévoyez- vous un impact de la politique de réduction des coûts du Gouvernement sur les montants octroyés ?

Et si réduction il y a, avec quelles conséquences sur la qualité de ces programmes d’échange ?

Mme la Présidente. – La parole est à Mme la Ministre Tillieux.

Mme Tillieux, Ministre de l’Emploi et de la Formation. – Madame la Députée, je ne reviendrai pas sur les objectifs et priorités du plan Langues dont on vient de parler. Les stages en entreprise dans un pays anglophone, en Région flamande ou même germanophone assortis de bourses octroyées par la Région wallonne recueillent effectivement un vrai succès auprès de jeunes demandeurs d’emploi de tous les niveaux de qualification et les chiffres peuvent en témoigner : 579 bourses octroyées en 2012, 749 en 2013 et 214 rien qu’au premier trimestre de cette année.

En ce qui concerne les stages en entreprises réalisés dans un des pays émergents, BRIC, ils s’adressent davantage à des jeunes diplômés, universitaires ou bien diplômés de hautes écoles, qui ont un niveau élevé d’anglais, ou une des deux, la langue du stage, et pour les destinations hors l’Inde, un niveau au moins débutant dans la langue véhiculaire du pays. Sur la période 2012-2013, 156 bourses, soit la totalité des bourses BRIC inscrites au budget ont été attribuées. En 2014, je peux vous dire que les 160 bourses prévues au budget seront vraisemblablement également attribuées avant la fin de l’année.

En règle générale, pour l’ensemble des stages d’immersion en entreprises, toutes destinations confondues, les stagiaires sont très satisfaits de l’expérience acquise. Lors des entretiens d’évaluation poststages, les principaux éléments positifs qui ressortent sont une meilleure connaissance de la culture d’entreprise du pays et un intérêt à poursuivre l’approfondissement de la maîtrise de la langue cible. Dans de nombreux cas, l’immersion est suivie par l’obtention d’un contrat de travail dans le pays d’accueil. Très couramment aussi, des stagiaires décrochent un emploi en Belgique, au sein d’une entreprise liée à la maison-mère située dans le pays du stage. Les stages effectués en Inde ou en Chine sont souvent à la base de contrats de travail ou mènent à d’autres stages pris en charge, cette fois, par l’entreprise. La Russie attire moins de candidats, mais les stages y sont généralement de qualité avec des perspectives d’emploi appréciables.

Les stages en entreprise au Brésil sont les stages les plus demandés, je ne sais pas si cela a un lien avec un ballon rond – mais voilà – même si certaines difficultés sont relevées en termes de démarches administratives, notamment liées à la problématique du permis de travail. Désormais, les candidats se voient proposer, par leur conseiller, la réalisation d’une étude de marché à accomplir pendant leur séjour au Brésil. Cette initiative a un impact positif sur la qualité des stages et a contribué à l’augmentation des contrats de travail décrochés par la suite.

En termes d’insertion professionnelle, de manière générale, on peut estimer que l’apprentissage d’une langue en contexte d’immersion, que ce soit en entreprise ou dans un centre de formation, constitue un atout pour les candidats à un emploi. Cependant, le diplôme et la personnalité du candidat restent évidemment décisifs dans le cadre de la procédure de sélection. L’insertion après le stage en entreprise n’est pas mesurée systématiquement. Toutefois, à titre d’exemple, pour l’année 2013, on relève un taux d’insertion moyen dans l’emploi de 55,8 % pour l’ensemble des stages effectués en entreprise en Irlande, à Malte, en Flandre et dans l’un des pays « BRIC ».

Le succès des bourses est appréciable, mais davantage encore les nombreuses opportunités créées par ces stages d’immersion linguistiques, qui permettent aux bénéficiaires de véritablement mettre en pratique leurs acquis linguistiques dans un environnement professionnel où la langue cible est la langue véhiculaire. C’est, en outre, une expérience professionnelle et humaine unique qu’ils pourront valoriser par la suite dans leur propre parcours professionnel.

L’apprentissage des langues et la mobilité des travailleurs sont de véritables leviers pour l’insertion dans l’emploi et participent pleinement à l’objectif de développement d’une société de la connaissance via une offre de formation professionnelle adaptée aux besoins du marché du travail. C’est pourquoi notre Gouvernement a pris l’engagement, dans le cadre de la Déclaration de politique régionale, de poursuivre la dynamique du Plan Langues, en ceci qu’elle permet d’acquérir les compétences clés pour accéder à des emplois de qualité et surtout de permettre aux personnes qui en sont bénéficiaires de progresser au plan professionnel.

Mme la Présidente. – La parole est à Mme Durenne.

Mme Durenne (MR). – Madame la Ministre, un grand merci pour toutes ces précisions. Je suivrai attentivement ce dossier vu l’importance de ces échanges pour les demandeurs d’emploi dans l’acquisition de compétences nouvelles. Selon moi, c’est un moyen d’intégration plus rapide, comme on vient de le citer, sur le marché de l’emploi. Il faut veiller peut-être encore à une amélioration. Je vais citer un exemple bien concret. Vous dites que la Russie attire peut-être un peu moins. Dans mon entourage proche, j’ai une connaissance qui est partie en Russie avec cette bourse de 6 000 euros et, au niveau des frais fixes, que ce soit l’avion, que ce soit le loyer, pour le logement, on me disait que ce qui restait pour ces trois semaines de stages en langues et les neuf semaines en entreprise, on dépassait le budget, on n’avait pas assez, finalement. C’est une suggestion d’avoir un logement peut-être un peu moins cher qui pourrait compenser cette dépense, que ce soit la nourriture, que ce soit les sorties culturelles, et cetera.