Le poulailler de Marquain

Question orale au Ministre de l’Agriculture.

Monsieur le Ministre,

Un projet de construction et d’exploitation d’un poulailler de 37 985 poulets a fait l’objet d’une enquête publique récemment près de Tournai, à Marquain. Le demandeur, la SPRL Kipland qui dispose déjà d’un poulailler de 15 000 poulets, avait introduit il y a un an une demande de permis unique pour s’implanter  Marquain. Après un avis favorable du Collège communal et des fonctionnaires délégués et technique, la SPRL s’était vue casser son permis par le Ministre Philippe Henry en janvier 2014.

L’opposition au projet souligne le fait que ce type d’élevage intensif – 19 poulets au mètre carré –  n’est pas cohérente avec la Déclaration de Politique Régionale, ni même avec le code Wallon de l’agriculture qui prônent tous deux une agriculture à taille humaine et familiale. De plus, des inquiétudes existent quant à l’utilisation d’antibiotique et d’une potentielle pollution des sols et des cultures par ceux-ci suite à l’utilisation des fientes comme engrais.

Néanmoins, de telles installations permettraient aussi développer l’emploi dans la région et sont en accord avec le développement rentable des activités agricoles.

Quelle est l’analyse et la position du Ministre sur ce dossier et notamment sur le type d’élevage et, par ricochet,  d’agriculture intensive ?

Le Ministre a-t-il eu des concertations, des rencontres avec les parties concernées par ce type de projet, à la fois les agriculteurs et les éleveurs ? Si oui, que ressort-il de ces concertations ? Si non, des concertations sont-elles prévues ?

Le Ministre dispose-t-il d’informations supplémentaires sur ce projet ? Quelles conclusions en ressort-il ?

Le Ministre dispose-t-il d’informations complètes et actualisées sur ce dossier? Si oui, qu’en tire-t-il comme conclusion ?

Disposez-vous de données chiffrées sur le nombre d’entreprises et/ou de projets en cours de ce genre en Wallonie ?

Réponse du Ministre Collin:

En fait, les permis uniques et d’environnement ne relèvent pas de mes compétences, mais de celles de mon collègue, M. Di Antonio. C’est lui qui va avoir éventuellement recours sur ce type de dossiers. Je n’émettrai donc pas d’avis spécifique sur le projet dont l’instruction est en cours.

Concernant les statistiques, le nombre de nouveaux projets de ce genre ne peut être connu que lorsque les demandes de permis unique et d’environnement sont déposées. S’il y a des concertations, c’est dans le cadre des procédures d’octroi de permis qu’elles doivent avoir lieu.

Je m’en tiens à quelques principes de politique agricole. On souhaite encourager la diversification des activités agricoles et apporter notre soutien à des projets qui sont créateurs d’emplois et qui sont innovants ou encore des projets dans le cadre de spéculation où la Wallonie est déficitaire et où aussi il y a une raréfaction des entreprises de transformation wallonne. Tout cela dans un cadre qui est fixé par le Code Wallon de l’agriculture, qui est rappelé par la DPR, à savoir de privilégier les exploitations familiales à taille humaine, rentables, pourvoyeuses d’emplois et qui évoluent vers une agriculture écologiquement intensive – l’expression a été utilisée, je la reprends bien volontiers à mon compte – et qui respectent l’environnement.

Une exploitation familiale est une exploitation où la majorité des capitaux sont engagés par l’exploitant lui- même et sa famille, où la prise de décision et la gestion de l’exploitation sont assurées par l’exploitant ou un membre de son noyau familial.

Des réflexions ont déjà été menées au sein du secteur et la plupart des acteurs estiment que différentes voies de production sont possibles et doivent avoir leur place pour répondre aux différents types de demande. On sait qu’il y a des demandes pour de la qualité différenciée. On sait qu’il y a, par contre, aussi de la demande pour des produits plus standardisés, mais évidemment de qualité. Il y a un important travail qui va être mis en place, qui a déjà été entamé d’ailleurs par le Collège des producteurs, avec une analyse des forces et faiblesses, des menaces et opportunités du secteur avicole en particulier, de manière à proposer de nouvelles actions spécifiques.

En ce qui concerne le dossier dont vous parlez, je n’en connais pas les données. Il ne m’appartiendra pas, dans le cadre de mes responsabilités, de l’instruire.