L’armistice, un symbole

11nov

Mesdames, Messieurs,

Cette année l’anniversaire de l’armistice du 11 novembre a une résonance toute particulière. Nous fêtons l’armistice qui a mis fin à une guerre de 4 ans. Une guerre de 4 ans qui a débuté, pour la Belgique, en Aout 1914, il y a cent ans. Cette année marque, en effet, le centenaire de celle qu’on appelle la Grande Guerre.

La Grande Guerre, une guerre du tout, une guerre du rien. Une guerre ravageuse qui a tout détruit là où elle s’est étendue, jusqu’aux autres continents. On l’a dite mondiale, tant par sa taille que par ses morts. Des bâtiments en flammes aux cœurs des hommes et des femmes brisés, cette guerre n’a rien laissé passer.

Aujourd’hui, nous nous souvenons. Nous nous souvenons qu’une guerre, fut-elle Grande, fut-elle petite, reste une guerre et qu’elle amène avec elle destructions et désolations. Nous fêtons nos morts, ceux qui se sont battus, pour leur patrie et contre des idéaux néfastes. Car si le 11 novembre marque la fin de la Grande Guerre, il est aujourd’hui devenu le symbole de la fin d’une triste et longue période durant laquelle les guerres ont déchiré l’Europe.

Ces guerres sont ravageuses, mais les oublier l’est davantage. Ce centenaire doit permettre le souvenir, des plus vieux aux plus jeunes. De ceux qui ont connu « la guerre » à ceux qui ont toujours vécu dans une Europe en paix. À eux, il faut leur raconter, leur dire que la paix, 70 ans de paix, ne s’acquièrent pas avec la haine.

L’Histoire nous fournit l’exemple car, comme si la Grande Guerre n’avait pas suffi, elle a semé les germes de la suivante. Une des guerres les plus meurtrières de l’Histoire. Une des guerres les plus atroces de l’histoire. Elle ne se jouait plus seulement dans les tranchées, sur le front, elle se jouait aussi dans les idées. L’intolérance contre l’égalité. L’autoritarisme contre la démocratie. La race contre l’humanité. La mort contre la vie.

Toutes ces femmes et ces hommes qui se sont battus et qui sont morts de 1914 jusqu’au 11 novembre 1918 ont participé à construire l’Histoire, à construire le XXème siècle et à l’amener vers une période de 70 ans de paix.

Et si aujourd’hui tout n’est pas toujours tout rose, si l’avenir semble parfois incertain et si l’amertume gagne parfois le cœur des hommes, il est important de se rappeler que non seulement dans chaque famille des personnes ont laissé leur vie pour nous apporter le confort dans lequel nous vivons mais qu’ils ont aussi contribué à mener l’Histoire vers une période plus tolérante et plus stable.

C’est précisément cela qu’aujourd’hui nous devons maintenir à tous prix, peu importe d’où nous sommes, qui nous sommes et ce que nous sommes.

C’est le devoir de tous de maintenir la paix, qu’elle soit entre les hommes, entre les nations ou entre les religions.

C’est le devoir de tous de maintenir l’égalité et la liberté de choix.

C’est notre devoir de dénoncer les injustices, toutes les injustices.

C’est à nous aujourd’hui qu’il revient d’assurer l’avenir de nos enfants pour qu’ils puissent connaitre le monde que nous avons connu.

Et même si les visions divergent sur la manière d’y parvenir, restons nécessairement unis sur les éléments fondamentaux que sont la justice, la liberté, l’égalité des hommes et leur droit à la vie.

Enfin, si nous ne vivons pas dans un système parfait, nous vivons dans le moins mauvais. Ne le détruisons pas. Défendons, comme d’autres l’ont fait avant nous, nos valeurs fondamentales. Défendons l’avenir en se souvenant du passé.

100 ans c’est long et peu à la fois. Où seront nous dans 100 ans ? Où voulons-nous être ? Comme pour les hommes de ces tranchées, c’est aujourd’hui que les 100 prochaines années se préparent.