Plan Marshall, 2.vert, 4.0, 2022. Quel plan pour la Wallonie?

PMarshallJ’interrogeais le Ministre-Président sur le Plan Marshall 4.0. Le Ministre a fait la clarté sur ce qui est apparu aux yeux de tous comme une opération de communication. Plan Marshall, 2.vert, 2022, 4.0, on s’y perdait un peu.

Malheureusement après cette annonce, il faudra encore de la patience pour avoir les éléments concrets du Plan Marshall qui, on n’en doute pas, feront l’objet d’une nouvelle séance de communication.

L’accent sera mis sur les technologies et le numérique. On attend donc de voir ce qui sortira du chapeau du gouvernement lorsque l’on sait que celui-ci taxe les antennes téléphoniques, par exemple, ou que la redevance TV existe toujours. 

Néanmoins, le Ministre-Président entend mettre l’accent sur l’entreprise. C’est une bonne chose, mais qui semble aux antipodes de ce qui est défendu par son parti à d’autres niveaux.
« L’essentiel, c’est quoi ? C’est formation et orientation. Cela reste absolument essentiel. C’est tout ce qui est lié à l’innovation, mais avec un accent mis davantage sur la valorisation industrielle et sur la croissance des entreprises. Si l’on innove, mais que cela ne crée pas des entreprises ou des entreprises qui restent très petites en nombre d’emplois, cela ne suffira pas à relever les défis.« 

Retrouvez l’ensemble de l’échange ci-dessous. 

Mme la Présidente. – L’ordre du jour appelle les questions orales à M. Magnette, Ministre-Président du Gouvernement wallon : – de Mme Durenne, sur « le plan Marshall 4.0 » ; – de Mme Durenne, sur « le plan Marshall 4.0. et l’e-campus de Tournai ». La parole est à Mme Durenne pour poser ses questions.

Mme Durenne (MR). – Monsieur le MinistrePrésident, le Gouvernement a lancé le plan Marshall 4.0. Sans vouloir m’épancher dans des descriptions des plans Marshall précédents ou sur un historique que tout le monde connaît, j’en viens directement à mes questions.

Qu’est-ce qui diffère du plan Marshall 2.vert et qui nécessite un changement de nom ?

Quels éléments des plans précédents ont été conservés et pourquoi ? Quels éléments ont été abandonnés et pour quelles raisons ?

Quelles sont les nouvelles et premières mesures qui seront mises en œuvre dans le cadre de ce troisième plan ?

Quelles seront les mesures phares de ce plan, surtout pour l’économie ?

Comment les six pôles de compétitivité vont-ils évoluer avec ce nouveau plan ? Sur quoi l’accent sera mis tout au long de ce plan et comment cela va-t-il se concrétiser sur le terrain ?

Y aura-t-il une campagne de promotion de la Wallonie sur ce nouveau plan Marshall ? Si oui, à quel coût pour la Région ?

Comment se déroulera cette campagne de promotion ? Sur quels aspects l’accent sera-t-il mis ? Si non, pourquoi ? À propos du plan Marshall 2.vert, une évaluation finale de ce dernier a-t-elle été commandée ?

Si oui, quand le ministre sera-t-il en mesure de la présenter au Parlement ? Si non, pourquoi ?

Je vais continuer, si M. le Ministre-Président le veut bien, avec la deuxième question qui est liée à la première, qui est « une Silicon Valley » à la sauce métropolitaine, l’e-campus dopé par le plan Marshall 4.0.

L’annonce du plan Marshall 4.0 a réjoui le Président de l’e-campus de Tournai qui espère voir la possibilité de développer une sorte de Silicon Valley à la sauce picarde. La place accordée au numérique apparaît en effet très importante dans ce énième plan.

Qu’en est-il ?

Le rejoignez-vous sur le potentiel développement d’une Silicon Valley dans l’Eurométropole Lille-Tournai-Courtrai ?

Avez-vous eu des contacts avec l’e-campus et le Bourgmestre de Tournai sur ce sujet pour l’inclure dans le plan Marshall 4.0 ? Comment le plan Marshall va-t-il permettre à l’ecampus tournaisien de se développer ?

Quels sont les outils concrets qui seront mis en œuvre ? Permettra-t-il de rencontrer les attentes, avec un véritable plan d’investissements ?

Quelle place occuperont la Wallonie picarde et son e-campus face à l’Open Université de Charleroi dans le plan Marshall 4.0 ?

Mme la Présidente. – La parole est à M. le Ministre-Président Magnette.

Magnette, Ministre-Président du Gouvernement wallon. – Madame la Députée, en effet, je vais répondre globalement aux deux questions. Le Gouvernement s’est inscrit dans la continuité des Gouvernements précédents en ce qui concerne le plan Marshall. On ne remplace pas le plan Marshall 2022 par autre chose.

Il y a eu un peu de malentendus sur cela. Marshall 2022, ce n’était pas un plan. C’était une perspective à dix ans qui disait « en dix ans, après avoir consulté de nombreux experts, des partenaires sociaux, et cetera, voilà ce qui est fondamental pour la Wallonie, et notamment le renforcement du lien avec la Communauté pour les matières liées à l’enseignement ».

Ensuite, il fallait opérationnaliser Marshall 2022 dans un plan à la durée d’une législature. C’est ce que fait le plan Marshall 4.0. C’est la première tranche, si vous voulez, de Marshall 2022 qui vient matérialiser en un plan concret des orientations générales qui avaient été arrêtées dans cette logique de large consultation. Ce qui a été voulu, c’est un recentrage sur l’essentiel, sur base des analyses et des évaluations externes qui ont été menées du plan Marshall 2.vert.

L’essentiel, c’est quoi ? C’est formation et orientation. Cela reste absolument essentiel. C’est tout ce qui est lié à l’innovation, mais avec un accent mis davantage sur la valorisation industrielle et sur la croissance des entreprises. Si l’on innove, mais que cela ne crée pas des entreprises ou des entreprises qui restent très petites en nombre d’emplois, cela ne suffira pas à relever les défis.

C’est la transition énergétique parce que le coût de l’énergie est un des facteurs de compétitivité aujourd’hui les plus importants. Et enfin, c’est l’innovation numérique. La Wallonie n’est pas en retard, mais elle n’est pas non plus en avance en matière numérique. Nous avons l’ambition de devenir une Région qui soit en avance de ce point de vue-là.

Je comprends, évidemment, que cela ait réjoui le Président de l’e-campus. Cela a réjoui aussi mon prédécesseur, le Ministre-Président Rudy Demotte qui a déclaré « le plan Marshall 4.0, j’en suis fan », dans une interview. Je me réjouis de cette continuité.

Je ne sais pas ce qu’est la sauce picarde, vous me l’expliquerez tout à l’heure. C’est certainement très goûteux, mais en tout cas, c’est certainement une perspective qui est particulièrement intéressante pour un projet tel que celui de l’e-campus, puisque tant sur le volet de la formation où il faudra, si l’on veut devenir une région pilote en matière numérique, que l’on ait le personnel qui soit formé en matière numérique. Il y a donc là un énorme volet nécessaire. Mais aussi, sur la stimulation de l’innovation numérique, notamment, et le fait que ces technologies numériques soient diffusées dans l’ensemble des secteurs et deviennent quelque chose qui soit transversal à l’ensemble de notre économie.

C’est, là, un élément tout à fait fondamental. Aujourd’hui, on a transmis ce projet de plan. En effet, le plan Marshall 4.0, c’est une intention qui a été transmise aux partenaires sociaux, qui doivent nous revenir avec des avis dans les semaines qui viennent. Sur base de ces avis, nous finaliserons, dans le cours du printemps, le plan Marshall 4.0 à proprement parler, dont nous aurons l’occasion de redébattre, ici, dans tous ses détails.

Il ne comportera pas tout. Il ne comportera pas, par exemple, toute une série d’autres mesures liées aux PME qui sont fondamentales, mais qui ne sont pas dans Marshall et qui seront dans un autre projet porté par le ministre Marcourt, le Small Business Act, l’ensemble des mesures de soutien aux PME.

Il est encore trop tôt, aujourd’hui, pour vous dire quelles seront les mesures concrètes dont une structure telle que l’e-campus pourra bénéficier dans le cadre du plan Marshall 4.0. En tout cas, la tonalité générale qui est donnée est certainement porteuse de beaucoup d’opportunités. Par l’articulation par rapport à l’Open University de Charleroi, ce n’est pas l’Open University de Charleroi, c’est l’Open University de la Communauté française qui est localisée à Charleroi.

Son siège est là, mais l’Open University doit travailler à stimuler la formation continuée et la reprise d’études sur l’ensemble du territoire de la Communauté française et donc aussi, bien entendu, en Wallonie picarde.

Mme la Présidente. – La parole est à Mme Durenne.

Mme Durenne (MR). – Merci, Monsieur le Président. Effectivement, étant nouvelle, je pense qu’il était nécessaire d’éclaircir un petit peu. Le plan Marshall 2.vert – Ecolo était là – et Ecolo n’est plus là, ce n’est plus vert. C’est 4.0. Cela, je l’ai lu également, comme tout le monde, dans la presse. Pour moi, il y avait vraiment ce côté politique. C’était vraiment une opération de communication. Voilà, on l’a lancé, 2,5 milliards d’euros.

On le lance, on va masquer, peut-être, l’austérité, donc on lance ce plan Marshall. Il était important d’avoir, comme je viens de le dire, un éclaircissement sur la situation. Le Gouvernement doit vraiment se lancer dans des politiques nouvelles, participer et se lancer dans le redressement de la Wallonie qui est hyper important.

Il est vrai que j’aurais voulu avoir plus ou moins la date, mais j’ai compris que c’était une intention, que c’était l’intention, la continuité, la première étape du plan 2022. Vous attendez donc les avis avant de finaliser ce plan. Je reviendrai vers vous pour en savoir un peu plus dans quelque temps, lorsque les avis auront été rendus. Je vous remercie beaucoup, Monsieur le Ministre-Président.