Le manque de place dans les crèches.

CrèchesJ’interrogeais, avant les fêtes de fin d’années 2014, la Ministre de l’enfance, Joëlle Milquet sur le manque de place dans les crèches. Sujet qui me tient à cœur aussi par la gravité de son problème. Aujourd’hui, à Bruxelles, par exemple, il faudrait 25 ans pour atteindre le seuil minimum de base européen de 33% de couverture.

La Ministre répond que les Plans Cigognes successifs vont arranger les problèmes. Et si ce n’était pas suffisant? 

La totalité de l’échange ci-dessous. 

Mme Véronique Durenne (MR). – Le rapport annuel de l’ONE met en évidence le manque de places dans les crèches. La presse a elle aussi récemment souligné ce problème. Si 40,6 % des enfants de zéro à trois ans fréquentent un milieu d’accueil ou une école maternelle, on constate des disparités entre les provinces. Ainsi, ce taux grimpe à 40% dans le Hainaut et à 55,4% dans le Luxembourg mais il n’est que de 30% à Bruxelles. Nous n’atteignons donc pas l’objectif européen de Barcelone, fixé à 33%.

C’est pire encore si on tient compte du taux d’accueil de 29 % des enfants de zéro à deux ans et demi dans les structures préscolaires. Le Hainaut et Liège connaissent une faible augmentation. Le manque de places criant est récurrent depuis des années. L’augmentation du taux d’accueil est infime.

À Charleroi et à Philippeville, la tendance est même à la baisse. À Bruxelles, le taux stagne depuis des années. Si on prend l’hypothèse d’une augmentation annuelle de 0,4 %, il faudrait 25 ans pour atteindre l’objectif des 33 %. Ces considérations nous confortent dans notre impression confuse que les plans Cigogne se succèdent et ne suffisent pas. Le troisième a été entamé mais, selon moi, il n’atteindra pas son objectif qui est d’équilibrer le taux d’accueil. L’écart se creuse.

Il est grand temps de réagir et de trouver d’autres solutions. Je pense notamment aux milieux non subventionnés. Il faut penser à tous ces parents qui cherchent un milieu d’accueil pour leurs enfants parce qu’ils souhaitent s’épanouir dans leur vie professionnelle et la concilier avec leur vie privée. Madame la ministre, quand ferez-vous de nouvelles propositions?

Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance. – Vous parlez comme si le plan Cigogne 3 n’existait pas et comme si notre population restait stable. Nous tentons d’atteindre voire de dépasser l’objectif de 30 % mais la population croît très fortement. Par exemple, en douze ans, le nombre d’enfants fréquentant l’enseignement primaire à Bruxelles a augmenté de 25 %. Dès lors, pour se maintenir à 30 %, des investissements majeurs sont nécessaires. L’augmentation de la population scolaire est telle qu’il faut consentir des investissements majeurs pour simplement rester à niveau.

Dépasser le seuil des 30 % demandera un travail double. Voilà comment la situation se présente pour l’instant. L’article et l’évaluation publiés par La Libre Belgique sur lesquels vous vous basez figeait la situation à 2012-2013, à la fin du plan Cigogne 2. Ce plan n’étant pas alors finalisé, des constructions et des nouvelles places n’ont pas été comptabilisées dans cette analyse qui, par ailleurs, ne prenait pas du tout en considération le plan Cigogne 3 balisant les années 2014-2022, qui verront la création de 14 500 nouvelles places.

En fait, à la fin du plan Cigogne 2, le taux de couverture atteignait 31,6 %, en incluant les dernières 11 000 places créées. Depuis le lancement du plan Cigogne 3, 800 des 14 500 places supplémentaires prévues sont déjà réservées et 240 nouveaux projets seront acceptés avant la fin de l’année.

À Bruxelles, pour les années 2015 et suivantes, nous avons suffisamment de projets pour atteindre l’objectif. Par contre, nous n’avons pas encore reçu assez de projets pour les provinces de Liège et de Hainaut. C’est la raison pour laquelle nous avons lancé une démarche proactive afin d’atteindre l’objectif. Si nous n’obtenons pas le résultat escompté, nous prendrons nous-mêmes des initiatives pour combler le déficit. En résumé, le rapport paru dans La Libre Belgique était insuffisant pour le plan Cigogne 2 et n’intégrait pas le plan Cigogne 3.

Mme Véronique Durenne (MR). – Je vous remercie pour ces précisions, madame la ministre. Je tiens à dire que trouver une place d’accueil relève vraiment du parcours du combattant. Je suis tous les jours sur le terrain et je puis vous assurer que les listes d’attente sont incroyables. J’ai bien entendu votre volonté d’être proactive pour les provinces de Liège et de Hainaut, où le taux de couverture est bien plus faible, mais je resterai très attentive à ce dossier qui tient à cœur à des dizaines de milliers de familles désireuses de concilier vie professionnelle et vie privée.