3 Suisses, où est le Ministre?

3 suissesAlors que Jean-Claude Marcourt, Ministre de l’Économie, se disait disponible en novembre dernier pour rencontrer les travailleurs de 3 Suisses à Tournai, il ne l’est plus aujourd’hui : « la procédure Renault se déroulant exclusivement entre travailleurs et direction ».

Il est vrai que des réunions sont encore prévues dans les semaines qui suivent.

Je trouve cela évidemment dommage et je suis déçue pour les travailleurs à qui le soutien du Ministre, via une rencontre par exemple, aurait été bienvenu. Je pense qu’il n’y a pas eu assez d’accompagnement et, comme le Ministre l’a dit, ce sont toutes des familles qui sont dans l’incertitude, dans l’attente et dans une angoisse complète.

Les perspectives d’avenir, que ce soit en termes d’emploi ou autre, sont un élément important face à de telles situations personnelles. Il convient donc de tout faire pour que ces perspectives existent. 

La totalité de l’échange ci-dessous. 

QUESTION ORALE DE MME DURENNE À M. MARCOURT, MINISTRE DE L’ÉCONOMIE, DE L’INDUSTRIE, DE L’INNOVATION ET DU NUMÉRIQUE, SUR « LE SUIVI DE LA FERMETURE DE 3 SUISSES À TOURNAI »

Mr. le Président. – L’ordre du jour appelle la question orale de Mme Durenne à M. Marcourt, Ministre de l’Économie, de l’Industrie, de l’Innovation et du Numérique, sur « le suivi de la fermeture de 3 Suisses à Tournai ». La parole est à Mme Durenne pour poser sa question.

Mme Durenne (MR). – Monsieur le Ministre, il y a quelques semaines vous étiez interrogé sur la fermeture de l’entreprise 3 Suisses à Orcq, dans le Tournaisis, et notamment à propos des contacts avec les acteurs de terrains, mais aussi les autorités locales et fédérales. Pour resituer dans le contexte, 3 Suisses avait envisagé de se tourner vers la vente en ligne et de ne garder que 33 emplois sur les 127 d’alors.

Au-delà de la fermeture de l’entreprise, c’est un site historique qui disparait dans le Tournaisis. M. le Ministre avait fait savoir qu’il était disponible tant pour les questions de mutations de l’entreprise que pour une rencontre avec les acteurs.

À propos du processus de fermeture de l’entreprise, M. le Ministre dispose-t-il de nouvelles informations ? Avez-vous eu des contacts avec les acteurs de terrain, à la fois les travailleurs et les entrepreneurs ? Si oui, qu’en ressortil ? Sinon, pourquoi ?

Des mesures d’accompagnement spécifiques pour les travailleurs ont-elles été prises depuis ? En d’autres termes, l’emploi perdu par la fermeture de cette entreprise le sera-t-il vraiment à la date du 31 mars qui approche à grands pas où un accompagnement sérieux a permis ou va permettre à tous les travailleurs de retrouver un emploi à court terme ?

Comment éviter à l’avenir qu’une entreprise soit obligée de fermer par manque d’adaptation comme le laissait sous-entendre le ministre Furlan lorsque la question lui a été posée en questions d’actualité ? Les outils développés dans le domaine – Creative Wallonia, e-Campus – sont-ils suffisamment mis en avant auprès des entreprises ? Sont-ils suffisamment efficaces ?

Mr. le Président. – La parole est à M. le Ministre Marcourt.

Mr. Marcourt, Ministre de l’Économie, de l’Industrie, de l’Innovation et du Numérique. – Madame la Députée, d’après les informations qui m’ont été transmises, les discussions entre les représentants des travailleurs et la direction du groupe 3 Suisses sont toujours en cours dans le cadre de la phase d’information de la procédure Renault. Cinq réunions ont déjà eu lieu depuis l’annonce de la fermeture le 17 novembre dernier et deux réunions sont prévues dans les semaines qui viennent. La décision a été justifiée par la direction sur base de pertes qui s’accumulent et une forte diminution du chiffre d’affaires, et ce depuis une durée de cinq années.

Par ailleurs, la direction pointe une profonde modification des comportements des consommateurs sur le marché de la vente par correspondance depuis quelques années. Une personne sous contrat à durée déterminée prenant fin en mars prochain ainsi que 126 travailleurs sont concernés.

La direction a mis sur la table différentes pistes de reconversion pour les travailleurs, dont la création d’une nouvelle société qui reprendrait 33 personnes. Ces pistes doivent encore être débattues. Cependant je vous rappelle que la procédure Renault se déroule exclusivement entre travailleurs et la direction et que les pouvoirs publics ne sont pas invités à y être intervenir. La cellule de reconversion, éventuellement mise en place par le FOREm dans le cadre de la procédure Renault, sera en charge des mesures d’accompagnement des travailleurs qui pourraient être licenciés.

Pour cela, nous devons attendre la fin de la première phase. Ce sera ma collègue, Mme Tillieux, qui sera en charge de cette partie du dossier. Plus qu’une menace, l’e-commerce représente aujourd’hui une opportunité que doivent saisir les entreprises afin de croître. Il est d’ailleurs particulier de constater qu’une société de vente par correspondance qui avait toute la chaîne logistique ait raté le virage de l’e-commerce puisque ce sont d’autres entreprises qui aujourd’hui ont saisi ces éléments de croissance.

Je déposerai dans les mois qui viennent sur le bureau du Gouvernement un plan de transition numérique de la Wallonie qui doit viser à booster l’économie numérique en Wallonie, à la fois en développant une industrie numérique productrice de biens et services numériques, ainsi qu’en favorisant l’intégration des technologies de l’information et de la communication au service de la croissance et de la compétitivité.

L’économie numérique sera un des axes du plan Marshall 4.0. Dans son baromètre TIC de 2013, l’Agence wallonne des Télécommunications pointait une croissance exceptionnelle de l’e-commerce en Belgique. En Belgique, le chiffre d’affaires de l’e-commerce belge connaît une croissance régulière depuis 2010. Ainsi, on est passé d’un chiffre d’affaires de 903 millions d’euros, en 2010, à 1,4 milliard en 2012 et ce montant n’a fait que croître.

L’AWT indique, par conséquent, qu’il existe une opportunité claire pour les entreprises de lancer des sites e-commerce actifs sur le marché, bien sûr en Belgique, mais aussi sur les marchés limitrophes. L’UCM pointait également, dans la presse de ce 15 janvier, que l’e-commerce était un des remèdes au ralentissement de l’activité des commerçants, conscients du fait qu’ils doivent renforcer leur présence en ligne. Par ailleurs, le programme Creative Wallonia vise, de son côté, à soutenir et développer l’économie créative.

Les plateformes e-Campus sont destinées à permettre aux étudiants de l’enseignement supérieur d’accéder à des documents de cours en ligne, fournis par une université ou une haute école. De nombreuses initiatives accompagnent des jeunes qui détiennent un concept innovant d’entreprise, très souvent lié à l’usage des Technologies d’informations et de la Communication, telles que : Nest’Up, Boost Up, Venture Lab ou Activ’Up. Nous resterons attentifs, de manière plus prosaïque, à la situation des 124 travailleurs de 3 Suisses qui, aujourd’hui, sont dans l’inquiétude de leur avenir. M. le Président. – La parole est à Mme Durenne.

Mme Durenne (MR). – Je vous remercie, Monsieur le Ministre. J’ai bien entendu, mais je suis déçue. Non pas pour moi, mais bien sûr pour les travailleurs.

Lorsque je reprends la réponse de M. le Ministre Furlan qui disait que votre proposition était de se mettre à disposition de l’entreprise, j’aurais cru que ce ne seraient pas les travailleurs qui devraient venir à vous, mais que vous seriez peut-être allé à leur rencontre. Il était important de pouvoir discuter avec lui. Je l’avais compris et interprété dans ce sens et je constate que cela n’a pas été suivi d’effet concret. J’aurais donc voulu que cette initiative soit prise.

Je pense qu’il n’y a pas eu assez d’accompagnement et, comme vous l’avez dit, ce sont toutes des familles qui sont dans l’incertitude, dans l’attente et dans une angoisse complète. On sait très bien que quand on n’a pas de perspective d’avenir, que ce soit en termes d’emploi ou autre chose, cela peut parfois ouvrir la porte à une série de dérives.

Quand on parle de l’e-Campus et de Creative Wallonia, cela peut être bien pour certains projets. Ici, apparemment, cela ne l’a pas été.

Il est donc malheureux que l’on doive fermer une entreprise par manque d’adaptation. Je continuerai à suivre le dossier.

J’ai bien noté que Mme la Ministre Tillieux prendrait en charge la suite du dossier. Je resterai donc attentive.