Consommation de fruits et légumes par les enfants en bas âge

fruitsManger des fruits et légumes est bon pour la santé. Ça n’est évidemment pas nouveau et il est important d’inculquer dès le plus jeune âge le réflexe d’en manger car une récente étude en France avance que près d’un enfant de zéro à dix-huit ans sur deux mange moins d’un fruit et légume par jour. Or, il n’est nullement besoin de rappeler que ceux-ci sont indispensables pour une bonne santé. L’étude montre que ce sont les enfants ayant un âge situé entre zéro et cinq ans qui mangent le plus de fruits et légumes. Six enfants sur dix consomment au moins un légume par jour, souvent pour le déjeuner. Trois enfants sur quatre mangent un fruit au goûter.

La tendance, par contre, se réduit pour les enfants entre six et douze ans: dans cette tranche d’âge, un enfant sur trois n’en mange déjà plus. De manière générale, un lien a été établi entre le régime alimentaire de la mère et celui de l’enfant. Ainsi, une mère consommant davantage de fruits et de légumes sera susceptible d’en faire goûter et manger à son enfant. Bien que cette étude soit française, la culture ne diffère pas à ce point que les conclusions de l’étude ne pourraient, dans une certaine mesure, être transposables à la Belgique.

Il est important que la Fédération Wallonie-Bruxelles ait cœur à inculquer ces bons comportements et la Ministre a apporté une réponse relativement satisfaisante en faisant part de sa volonté d’avancer en la matière.

Echange complet ci-dessous.

1.14 Question de Mme Véronique Durenne à Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance, intitulée «Consommation de fruits et légumes par les enfants en bas âge»

Mme Véronique Durenne (MR). – Une récente étude en France avance que près d’un enfant de zéro à dix-huit ans sur deux mange moins d’un fruit et légume par jour. Or, il n’est nullement besoin de rappeler que ceux-ci sont indispensables pour une bonne santé. L’étude montre que ce sont les enfants ayant un âge situé entre zéro et cinq ans qui mangent le plus de fruits et légumes. Six enfants sur dix consomment au moins un légume par jour, souvent pour le déjeuner. Trois enfants sur quatre mangent un fruit au goûter.

La tendance, par contre, se réduit pour les enfants entre six et douze ans: dans cette tranche d’âge, un enfant sur trois n’en mange déjà plus. De manière générale, un lien a été établi entre le régime alimentaire de la mère et celui de l’enfant. Ainsi, une mère consommant davantage de fruits et de légumes sera susceptible d’en faire goûter et manger à son enfant. Bien que cette étude soit française, la culture ne diffère pas à ce point que les conclusions de l’étude ne pourraient, dans une certaine mesure, être transposables à la Belgique.

Disposez-vous de chiffres actualisés sur le sujet, notamment sur la consommation des enfants en bas âge, également dans les crèches et les structures d’accueil? Comment les crèches et autres structures d’accueil peuvent-elles intervenir pour augmenter la consommation de fruits et légumes par les enfants?

Comment sensibiliser davantage les parents surtout à faire consommer de plus en plus de fruits et de légumes à leurs enfants?

Est-il envisagé d’établir des synergies avec les Régions pour mettre en place un plan d’action reprenant structures d’accueil, crèches, écoles et une sensibilisation générale au sujet, comme cela a eu lieu par le passé avec la campagne «Manger Bouger»?

Mme Joëlle Milquet, vice-présidente et ministre de l’Éducation, de la Culture et de l’Enfance. – En ce qui concerne les chiffres actualisés, nous n’en possédons pas, mais les coordinateurs accueil, les agents-conseils et les diététiciennes qui accompagnent les structures veillent au respect des recommandations diététiques énoncées par l’Office de la Naissance et de l’Enfance (ONE) et qui sont assez strictes en ce qui concerne la consommation de fruits et de légumes.

Dans ce contexte, il a pu être constaté que les structures répondent aux recommandations en proposant tous les jours du potage, des légumes et des fruits aux enfants. À mon avis, cela se passe beaucoup mieux dans les structures d’accueil que, plus tard, dans les écoles.

Depuis plus de quinze ans, l’ONE contribue largement à la promotion d’une alimentation saine chez les enfants. Les milieux d’accueil sont tenus de fournir une alimentation de qualité aux enfants pour garantir les conditions de vie saine, tel que le prévoit le Code de qualité de l’accueil. Les coordinateurs accueil, les agents-conseils et les diététiciennes accompagnent aussi les structures dans cette démarche grâce à la brochure Chouette, on passe à table, aussi utilisée par les parents.

Les milieux d’accueil sont tenus d’offrir tous les jours au minimum une portion de 100 à 125 grammes de légumes au repas de midi ainsi qu’un fruit (de saison) au goûter. Des formations sur l’alimentation saine sont proposées aux professionnels et la recommandation de consommer des fruits et des légumes y est largement abordée.

Pour les enfants plus grands, les secteurs Accueil Temps Libre (ATL), les camps de vacances, les écoles de devoirs également financés par l’ONE vont lancer très prochainement une campagne mettant l’accent sur l’importance d’organiser des goûters alliant santé et plaisir, et sur la promotion de la consommation des fruits. Parmi les différents outils de promotion d’une alimentation saine et équilibrée distribués par l’Office aux futures mères et aux parents, il y a notamment une petite brochure intitulée Les petits plats pour les grands, intéressante par rapport à cette tranche d’âge.

L’ONE inscrit ses programmes dans le cadre des priorités en matière de prévention: promotion d’une alimentation saine et prévention de l’obésité. Le service Éducation à la santé de l’ONE utilise actuellement un module d’animation à l’usage interactif des enfants de cinq à huit ans et des enseignants-parents en vue d’adopter un mode de vie plus sain.

Trois thématiques sont développées: la bonne estime de soi, les bases d’une alimentation équilibrée et les effets bénéfiques de l’activité physique. Il y a aussi un programme de prévention à l’obésité dans les provinces de Liège et de Hainaut. Enfin, depuis 2006 le gouvernement a lancé la campagne Manger-bouger en Fédération Wallonie-Bruxelles. Sur ce point, nous sommes donc assez actifs.

Mme Véronique Durenne (MR). – Personne ne niera l’importance de manger sainement et d’y sensibiliser nos enfants dès leur plus jeune âge. En acquérant très tôt les bons réflexes, ils les transmettront ultérieurement à leurs propres enfants. Il y a un lien entre la nourriture et le plaisir. Pour les enfants, des légumes peuvent paraître moins attirants qu’un fruit coloré; leur couleur et leur goût, moins attractifs. C’est pourquoi on peut aborder le sujet sous un autre angle, en menant des campagnes bien entendu, mais aussi en invitant à manger des légumes et des fruits non pas seulement parce qu’ils sont bons pour la santé, mais parce qu’ils peuvent procurer un certain plaisir. Il me semble en effet préférable de modifier les habitudes sans imposer. Dans les crèches par exemple, les fruits frais sont servis sous différentes formes, ce peut être notamment un yaourt auquel on ajoute le fruit frais. Ce sont les enfants de moins de trois ans qui mangent le plus de fruits, parce qu’ils se trouvent souvent en milieu d’accueil et que l’on y observe une certaine rigueur en matière d’alimentation: les fruits et les légumes agrémentent les différents repas sous forme de panades ou de purées. Plus tard, la situation commence à se détériorer. Les habitudes changent et il importe donc de poursuivre l’effort d’inculquer à nos enfants les bons réflexes tout au long de leur jeunesse.