Maladies mentales: les pair-aidants sont une piste vers un mieux!

PairaidantLa santé mentale, un vaste sujet qui mérite que l’on s’y intéresse. Dans certaines situations, dans certains cas, il est opportun de pouvoir bénéficier de l’assistance et de l’expérience d’une personne ayant vécu une problématique à résoudre.

C’est précisément ce qu’apportent les pair-aidant. Selon la fédération d’associations d’usagers en santé mentale Psytoyens, un pair-aidant est « un usager ou un ex-usager de services de soin en santé mentale, engagé au sein d’une équipe d’intervention psycho-médico-sociale. Bien que les savoirs plus « académiques » (formation en action sociale, en aide sociale et administrative, formation en psychologie, infirmière sociale…) soient une ressource à part entière, ses aptitudes, sont avant tout liées à son parcours et son cheminement en santé mentale. »

Contrairement à la Flandre où des expériences de pair-aidances existent à Anvers et à Gand, en Belgique francophone, le métier de pair-aidant n’existe pas encore officiellement.

Grace à mon intervention, le Ministre compte mettre ce point à l’ordre du jour lors d’une prochaine réunion au sujet de ces questions.

Retrouvez la totalité de l’échange ci-dessous.

QUESTION ORALE DE MME DURENNE À M. PRÉVOT, MINISTRE DES TRAVAUX PUBLICS, DE LA SANTÉ, DE L’ACTION SOCIALE ET DU PATRIMOINE, SUR « LES PAIRS AIDANTS »

Mme la Présidente. – L’ordre du jour appelle la question orale de Mme Durenne à M. Prévot, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l’Action sociale et du Patrimoine, sur « les pairs aidants ». La parole est à Mme Durenne pour poser sa question.

Mme Durenne (MR). – Monsieur le Ministre, dans certaines situations, dans certains cas, il est opportun de pouvoir bénéficier de l’assistance et de l’expérience d’une personne ayant vécu une problématique à résoudre. C’est précisément ce qu’apportent les pairs aidants.

Selon la Fédération d’associations d’usagers en santé mentale Psytoyens, un pair aidant est : « Un usager ou un ex-usager de services de soin en santé mentale, engagé au sein d’une équipe d’intervention psychomédico-sociale. » Bien que les savoirs plus académiques soient une ressource à part entière, ses aptitudes sont, avant tout, liées à son parcours et à son cheminement en santé mentale. Contrairement à la Flandre où des expériences de pairs aidants existent à Anvers et à Gand, en Belgique francophone, le métier de pair aidant n’existe pas encore officiellement. Comme l’indique l’ASBL Psytoyens, pour qu’une intervention puisse être effective et efficace, il importe que le pair aidant se soit distancié de son parcours de vie.

C’est seulement suite à une prise de recul que la personne sera à même d’utiliser sa propre histoire comme outil de soin envers d’autres patients malades mentalement. La question est peut-être prématurée, mais Psytoyens indique, à cet effet, que deux statuts potentiels pourraient être envisageables afin de mettre en place la fonction. Le premier est le statut d’employé pur et simple. Le second est le statut d’expert du vécu consultant, à savoir, que le pair aidant est consulté par une équipe, dans le cadre d’un projet précis ou d’une question spécifique. J’évoquais, lors de précédentes questions, la déstigmatisation de la maladie mentale ; le pair aidant peut y aider, tout comme la promotion de la pair-aidance dans les structures de soin permet une meilleure inclusion des personnes atteintes de ces maux psychologiques.

Monsieur le Ministre, quelle est votre analyse sur la question ? Avez-vous déjà eu des contacts avec des associations sur le sujet, comme Psytoyens, par exemple ?

Qu’en ressort-il ? Quelles différences justifient qu’en Flandre ce type de fonction existe déjà, même finalement sporadiquement, alors qu’elle est totalement absente en Wallonie ?

Est-il prévu de mettre en place des projets pilotes de pair-aidance dans notre Région ? Si oui, quand ? À quelles conditions ? Quelles infrastructures ? Si non, pourquoi ?

Mme la Présidente. – La parole est à M. le Ministre Prévot.

M. Prévot, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l’Action sociale et du Patrimoine. – Madame la Députée, l’ASBL que vous évoquez en fin d’intervention, Psytoyens, bénéficie, depuis 10 ans, de subventions wallonnes. Chaque année, un comité d’accompagnement se tient afin d’évoquer les missions dévolues à cet opérateur, ainsi que les perspectives d’évolution du secteur. Si la notion de pair-aidant a déjà été évoquée à plusieurs reprises, la question du statut des pairs-aidants n’a jamais été réellement abordée en tant que telle lors de ces rencontres.

Cette notion, qui est apparue en 1978 – magnifique année s’il en est – déjà outre-Atlantique – États-Unis, Canada – se développe tout doucement aussi chez nous. En Flandre, en effet, quelques personnes sont engagées en tant que pair-aidant, au sein d’équipes de soins à Anvers et à Gand.

À Bruxelles, le projet 107 Titeca -Saint-Luc propose également certains accompagnements avec des pairs aidants. Pour le moment, si des pairs aidants sont actifs en Wallonie, nous n’avons pas connaissance qu’ils le sont via des structures encadrantes comme à Bruxelles et en Flandre, mais davantage dans le cadre d’action spécifique de volontariat.

Actuellement, la Réforme des soins de santé mentale n’a pas mis de moyens spécifiques pour la création de postes de pairs aidant au sein des équipes. Je proposerai que, lors de la prochaine réunion du comité d’accompagnement avec l’opérateur précité, ce sujet puisse être mis à l’ordre du jour.

Mme la Présidente. – La parole est à Mme Durenne.

Mme Durenne (MR). – Merci, Monsieur le Ministre pour votre réponse. Moi, j’avais fait quelques recherches. En fait, au Québec, il y a des réseaux de pairs aidants, ce qui existe déjà vraiment depuis plusieurs années. Voilà, je me disais pourquoi ne pas, éventuellement, prendre contact avec eux. C’est toujours bien de pouvoir partager.

M. Prévot, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l’Action sociale et du Patrimoine. – Une mission parlementaire ? (Rires)

Mme Durenne (MR). – Monsieur le Ministre, je vous propose une mission parlementaire au Québec, puisqu’il serait fort intéressant de pouvoir partager votre expérience là-bas et avoir un peu plus d’informations sur leur vécu. C’est important parce que la présence d’un pair aidant, cela peut générer un regard différent, qui facilite la compréhension de la maladie.

La rencontre avec différentes associations, c’est vraiment une bonne chose. J’espère que nous pourrons, pourquoi pas, effectivement, en commission, aller à la rencontre de différentes associations. Je remercie beaucoup, Monsieur le Ministre.