Tous concernés par la fugue

CHildfocufugueFace à la fugue, au sexting, au harcèlement sexuel envers nos enfants et adolescent, il faut s’interroger, s’interpeller, oser, informer, sensibiliser et prévenir. C’est ce que j’ai voulu avancer lors de mon intervention au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles le 27 mai dernier à la suite de la présentation du Rapport 2014 de Child Focus.

Voici toute mon intervention ci-dessous. 

« Je remercie Child Focus pour cet exposé très intéressant et je salue toute l’énergie déployée au service de la protection des enfants. C’est la première fois que notre Parlement reçoit Child Focus et nous en sommes particulièrement heureux.

Mr. le ministre nous fait l’honneur d’être présent; j’aurais aimé que Mme Milquet le soit également, mais je suppose qu’elle a lu ce rapport. Il est bon de rappeler que la protection de l’enfant doit être une priorité pour le Parlement et le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui ont, dans leurs compétences, la politique de l’Enfance, de la Jeunesse, de l’Éducation et de l’Aide à la jeunesse.

Bien sûr, d’autres niveaux de pouvoir sont également interpellés, par exemple, le fédéral en ce qui concerne les rapts parentaux, l’exploitation sexuelle ou encore la cybercriminalité.

À l’heure où l’on fête les 25 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant, les chiffres actuels des disparitions d’enfants ainsi que l’augmentation de nouveaux phénomènes marquants évoqués tout à l’heure – le sexting, le grooming ou le harcèlement sexuel – doivent nous alerter.

J’aimerais souligner la nouvelle initiative de Child Focus cette année, car elle nous a particulièrement touchés, à savoir l’abécédaire à destination des jeunes qui accompagne le rapport d’activités 2014.

S’agissant des fugues, il semble que plusieurs raisons caractérisent ce phénomène, dont des situations familiales parfois très difficiles et le harcèlement. C’est pourquoi, à côté des parents, beaucoup d’acteurs ont un rôle à jouer, dont l’école qui a la responsabilité de prévenir les parents dès que possible lorsque l’enfant est absent des cours.

D’autres acteurs sont également concernés: les services d’aide à la jeunesse, les institutions de protection de la jeunesse, le service SOS Enfants de l’ONE, le numéro 103 et bien d’autres encore.

Il serait intéressant d’évaluer la communication entre ces différents services et de voir comment l’améliorer. Il faut également se poser la question de savoir si les écoles sont suffisamment responsabilisées à leur rôle préventif, si on leur communique bien tous les éléments nécessaires au dépistage des élèves à risque, si la collaboration entre les services d’aide à la jeunesse et les établissements scolaires est optimale et, finalement, où se positionne Child Focus dans ce tableau.

Autant de questions pour renforcer la prévention des fugues en Fédération Wallonie-Bruxelles. Child Focus nous a fait part de son souhait d’intensifier à l’avenir le volet préventif de son action.

Notre groupe est convaincu qu’il faut aider la Fondation pour enfants disparus et sexuellement exploités dans cette voie. La Fédération doit soutenir la réflexion que Child Focus entend enclencher avec les acteurs concernés pour améliorer cette prévention. Sous la précédente législature, un protocole de collaboration relatif à la maltraitance des enfants a été signé entre les secteurs de l’Aide à la jeunesse, de l’Enfance et Child Focus.

L’élargissement aux faits de fugue ne serait-il pas une piste à suivre?

Dans le même sens, il faudrait voir si le décret de 2013 organisant des politiques conjointes entre l’enseignement et l’aide à la jeunesse ne pourrait pas être renforcé pour améliorer davantage l’échange d’informations, primordial en la matière.

Il a également été question de la prévention des phénomènes liés aux technologies de l’information et de la communication – les TIC –, prévention qui doit, comme pour les fugues, être envisagée sous un large spectre: politiques de l’enfance, de l’éducation, de l’aide à la jeunesse. Il faut veiller à assurer un maximum de cohérence dans les politiques menées.

Dans la Fédération Wallonie-Bruxelles, nous devons nous interroger régulièrement sur la manière d’intégrer davantage l’apprentissage d’une bonne et d’une saine utilisation des TIC par les enfants et les jeunes. Or, comme tout le monde le sait, c’est un domaine qui évolue très vite. L’école doit avoir à sa disposition des moyens de suivre cette évolution. Informer pour mieux prévenir doit être le credo.

L’information ressort comme l’élément d’importance que souligne Child Focus dans l’ensemble de son rapport. De manière plus générale, une bonne communication, une étroite collaboration et un bon échange d’information entre tous les acteurs concernés sont nécessaires à l’efficacité du dispositif institué par la Fédération et dans la Fédération.

Mais il faut aller plus loin, il faut que les politiques de la Fédération englobent l’ensemble des problèmes des jeunes. Child Focus a développé depuis une vingtaine d’années une certaine expertise dans ce domaine, et le travail avec cette fondation devrait vraiment s’accentuer. Encore merci à eux pour leur travail et pour cette présentation qui nous permettra, je l’espère, de poursuivre notre réflexion pour œuvrer ensemble à une meilleure défense et protection des enfants. »