Plan Pauvreté… la déception

pauvretéVoilà plusieurs mois qu’il était attendu et le moins que je puisse dire c’est que le Plan de Lutte contre la Pauvreté, présenté par Paul Magnette m’a profondément déçu. Il s’agit d’un texte lifté et policé des mesures déjà entreprises par le gouvernement ou de mesures existantes depuis des années.

On s’attendait à un Plan ambitieux, novateur, qui fixe des objectifs. Il n’en est rien.

En Wallonie, 1 personne sur 5 est pauvre, 1 enfant sur 4 est pauvre, la moitié des personnes vivant au sein de famille monoparentale (enfants et adultes) est pauvre, plus de la moitié des personnes de nationalité non-européenne est pauvre et 22,6% des plus de 65 ans sont pauvres.

Les chiffres ne sont pas nouveaux. Pire encore, ils augmentent !

Le MR déplore l’absence de tout chapitre lié à l’emploi et à la formation

D’autre part, nous nous étonnons qu’un nombre important de thématiques aient été exclues du PLCP : l’alphabétisation, l’accueil de la petite enfance, les seniors, les personnes en situation de handicap, les personnes d’origine étrangère, etc.

Pourtant, cette pauvreté indigne et révolte. Mais malgré cela, elle ne semble pas affecter le Gouvernement wallon dont le nouveau Plan de Lutte contre la Pauvreté (PLCP) s’est avéré être une belle coquille vide.

Fainéantise ou Superficialité ? Le Plan est un agglomérat de mesures déjà prises, de mesures déjà annoncées et les nouveautés ne sont que trop peu nombreuses.

Aucun objectif n’est fixé !

Aucun budget n’est prévu !

Comment dès lors croire en une quelconque concrétisation de ce Plan…

Les pauvres sont-ils condamnés à le rester ? Au travers de ce PLCP, la Région wallonne fourni le poisson mais ne souhaite pas apprendre à pêcher

Retrouvez mon interpellation auprès de Paul Magnette ci-dessous. 

Le Gouvernement a adopté un Plan de lutte contre la pauvreté (PLCP) le 10 septembre dernier.

Au vu de la proportion des personnes en situation de pauvreté en Wallonie en regard de celle identifiée en région flamande et au niveau de l’Union européenne, je ne peux que me réjouir de découvrir enfin cette initiative plus qu’attendue. Je tenais également à souligner la mise en avant d’une méthode alternative dont a fait l’objet ce PLCP, méthode qui a cherché à mieux identifier les besoins concrets des personnes précarisées en Wallonie en agissant sur leurs dépenses. Mais les éloges s’arrêtent là.

A la fin de ma lecture du plan, je n’ai pu m’empêcher d’avoir le sentiment de déjà-vu et de déjà-entendu ! Un plan maintes fois reporté et que je trouve encore superficiel.  Quelle ne fut pas ma déception de lire 50 pages de copier-coller de la DPR, de mesures annoncées à de nombreuse reprise depuis le début de la législature, et de mesures déjà en cours de réalisation…

Je m’étonne toutefois de ne voir arriver ce plan qu’en 2015 – 5 ans après le lancement de la Stratégie Européenne 2010-2020… On peut également s’étonner de voir que ce Plan n’intervienne qu’après la création du Réseau wallon de lutte contre la Pauvreté (reconnu en décembre 2013).

L’année dernière, vous annonciez par voie de presse que 70 actions spécifiques de la DPR en matière de lutte contre la pauvreté seraient concrétisées dans le futur PLCP. A la lecture dudit PLCP, nous lisons que seulement 50 mesures seront ciblées pour réduire les dépenses des plus précarisés. Doit-on comprendre que les ambitions du PLCP aient été revues à la baisse ?

Quant au public cible, vous indiquez qu’une « attention particulière sera portée aux jeunes et aux familles monoparentales »,  c’est fort bien mais nous n’en voyons pas la traduction dans le document… De plus, pourquoi les seniors, les personnes d’origine étrangère ou les personnes en situation de handicap font partie des grands oubliés de la Région wallonne ? Si l’on ne prend que l’exemple des personnes en situation de handicap, il ressortait d’une des conclusions de l’enquête Handilab de la ‘Katholieke Universiteit Leuven’, menée à la demande du Service public fédéral (SPF) Sécurité sociale et du Service public de programmation (SPP) Politique scientifique (BELSPO) que pas moins de 39% des personnes handicapées qui perçoivent une allocation vivent sous le seuil de pauvreté européen.

Aussi, nous déplorons qu’un certain nombre de thématiques, telles que l’alphabétisation, l’enseignement, la formation ou l’emploi, l’accueil de la petite enfance, etc., ont été d’office exclues du PLCP. Pourquoi donc?

Pourtant, la proportion de pauvres parmi les personnes détentrices, au maximum, d’un diplôme d’un niveau d’études inférieur de l’enseignement secondaire, est presque 2x plus élevée que celle enregistrée parmi les personnes qui détiennent, au maximum, un diplôme de l’enseignement secondaire supérieur, et 3x plus élevée que celle qui détiennent un diplôme de l’enseignement supérieur. Qu’en est-il de l’amélioration des formations et des leviers à l’emploi ? De l’indépendance financière qui en découle ? Quid des travailleurs pauvres ? Comment assurer l’accès à l’autonomie économique à des individus qui connaissent des difficultés particulières sur le marché du travail (le sous-emploi, le temps partiel, etc.)?

« Selon le nouveau rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), aujourd’hui, dans la zone OCDE qui regroupe 34 pays, les 10% les plus riches de la population ont un revenu 9,6 fois supérieur à celui des 10% les plus pauvres, alors que la proportion était de 7,1 fois dans les années 1980 et 9,1 fois dans les années 2000.
Les inégalités sont encore plus criantes en termes de patrimoine, souligne également le rapport. « En ne s’attaquant pas au problème des inégalités, les gouvernements affaiblissent le tissu social dans leur pays et compromettent leur croissance économique à long terme », a-t-il ajouté. On estime que la montée des inégalités, entre 1985 et 2005, dans les 19 pays de l’OCDE analysés, a amputé la croissance de 4,7 points de pourcentage en cumulé entre 1990 et 2010. Pour réduire les inégalités et stimuler la croissance, l’OCDE recommande aux gouvernements de promouvoir l’égalité entre hommes et femmes en matière d’emploi, d’élargir l’accès à des emplois plus stables et d’encourager les investissements dans l’éducation et la formation tout au long de la vie active. Entre 1995 et 2013, plus de la moitié des emplois créés dans les pays de l’OCDE étaient à temps partiel, sous contrat à durée déterminée ou relevaient de travailleurs indépendants. Plus de la moitié des emplois temporaires étaient occupés par des moins de 30 ans. »[1]   

Aucune de ces recommandations liées à l’emploi ou la formation ne se trouve dans le PLCP. Or l’accès à un emploi est un facteur majeur de limitation du risque de pauvreté pour les ménages dans lesquels le ou la chef(fe) de ménage est d’âge actif. Dois-je rappeler que, selon Walstat, en 2012 (dernière donnée publiée), 13,8% des moins de 18 ans vivait dans un ménage sans revenus issus du travail en Wallonie !

Autres exemples, quid de l’inactivité ou du travail à temps partiel « obligatoire » en raison de responsabilité familiale ou par manque de système de garde ? Selon le SPF emploi, travail et concertation sociale, en Région wallonne, 36,1% des personnes ayant des responsabilités familiales ne recherchent pas d’emploi ou travaillent à temps partiel.

Des revenus insuffisants, un mauvais logement et des prix croissants de l’énergie forment le tiercé gagnant pour la précarité énergétique[2] ? Plus d’un tiers des dépenses d’une famille est consacré au logement. En plus de ces 30%, les ménages wallons consacrent proportionnellement plus d’argent aux dépenses énergétiques (6,3% contre 4,9% en Flandre et 4,2% à Bruxelles). Quelle précarité énergétique ce plan est-il sensé combattre/résoudre ? De manière générale, le volet consacré à l’énergie manque de chiffres et d’objectifs quantifiés ! Il revend dans une large mesure des actions déjà mises en place par le passé. Très peu de nouveautés y sont consacrées. On en conclut que ce plan manque globalement de souffle. 

Les pauvres sont-ils donc condamnés à le rester ? En d’autres mots, la Région Wallonne fourni le poisson mais ne souhaite pas apprendre à pêcher !

Concrètement, les constats sont posés et sont apostrophants:

– 1 wallon sur 5 est pauvre ;

– 1 enfant wallon sur 4 est pauvre ;

– la moitié des personnes vivant au sein de famille monoparentale (enfants et adultes) est pauvre ;
– Plus de la moitié des personnes de nationalité non-européenne est pauvre ;
– 22,6% des plus de 65 ans sont pauvres ;

La stratégie européenne 2020 est à mi-chemin de son échéance. Pour rappel, l’objectif belge est de réduire de 380.000 le nombre de personnes touchées ou menacées par la pauvreté et l’exclusion sociale par rapport à 2008. Mais quels sont précisément les objectifs du PLCP en Wallonie à l’horizon 2019 ? Par exemple, d’ici la fin de la législature, de combien comptez-vous réduire l’indice de « déprivation matérielle » des plus précarisés en Wallonie grâce à ce PLCP ?

Il n’est fait mention d’aucun budget dédicacé au PLCP. Qu’en est-il ? Comment dès lors croire en une quelconque concrétisation de ce Plan ?

Plutôt que de laisser chaque Ministre dans son pré carré bien délimité, pourquoi ne pas prendre, vous-même, le dossier à bras-le-corps ? Pourquoi ne pas mettre en place des synergies, quelles soient interministérielles ou inter-gouvernementales?

La vie bascule très vite. Une perte d’emploi, un accident, une séparation, un divorce, une maladie, un évènement imprévu survient et ce sont les personnes vulnérables qui peuvent être confrontées à l’exclusion sociale et à l’obligation de l’affronter. Dans 88% des cas, les personnes basculent dans la pauvreté à cause soit de la perte d’un emploi, de la survenue d’une maladie ou d’un accident ou bien de la séparation du couple (en hausse). Quand on bascule dans la pauvreté, se loger décemment, manger à sa faim, prendre soin de soi, s’habiller, accéder à la connaissance et à la culture devient alors difficile voire impossible.

Nous souhaitons, au MR, promouvoir un Etat social actif valorisant l’entreprenariat, la responsabilité, l’insertion et la participation. Quand on enferme des familles entières dans l’assistance, quand on les laisse perdre espoir, ce n’est pas de l’argent que l’on gaspille, ce sont des vies que l’on gâche !

Retrouvez ci-dessous toute mon interpellation.

Interpellation de Véronique Durenne, Députée, à Paul Magnette, Ministre-Président sur le Plan Pauvreté.

Mme Durenne (MR). – Monsieur le Président, je voulais aussi vous adresser toutes mes félicitations pour votre nouvelle fonction. Monsieur le Ministre-Président, le Gouvernement a adopté, le 10 septembre dernier, un Plan de lutte contre la pauvreté.

Au vu de la proportion des personnes en situation de pauvreté en Wallonie et en regard de celle identifiée en Région flamande et au niveau de l’Union européenne, je ne peux que me réjouir de découvrir enfin cette initiative plus qu’attendue. Je tenais également à souligner la mise en avant d’une méthode alternative dont a fait l’objet ce Plan de lutte contre la pauvreté. Cette méthode a cherché à mieux identifier les besoins concrets des personnes précarisées en Wallonie, en agissant sur leurs dépenses.

Monsieur le Ministre-Président, les éloges s’arrêtent ici. Je m’explique. À la fin de la lecture du plan, je n’ai pu m’empêcher d’avoir le sentiment de déjà vu et de déjà entendu, un plan qui maintes fois reporté et que je trouve encore pour ma part assez superficiel.

Quelle ne fut donc pas ma déception de lire ces 50 pages de copier-coller de la DPR, de mesures annoncées à de nombreuses reprises depuis le début de la législature et de mesures déjà en cours de réalisation. Je m’étonne aussi de ne voir arriver ce plan qu’en 2015, finalement 5 ans après le lancement de la stratégie européenne 2010-2020.

On peut également s’étonner de voir que ce plan n’intervient qu’après la création du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté. L’année dernière, vous annonciez par voie de presse que 70 actions spécifiques de la DPR en matière de lutte contre la pauvreté seraient concrétisées dans ce futur plan. À la lecture, je ne lis que 50 mesures qui seront ciblées pour réduire les dépenses des plus précarisés. Doit-on comprendre que les ambitions de ce Plan de lutte contre la pauvreté ont été revues à la baisse ?

Ensuite, je pense plus particulièrement au public cible. Vous indiquez qu’une attention particulière sera portée aux jeunes et aux familles monoparentales. C’est fort bien, mais je n’en vois pas vraiment la traduction dans le plan. De plus, pourquoi les seniors, les personnes d’origine étrangères, les personnes en situation de handicap font partie des grands oubliés de la Région wallonne ?

Si l’on ne prend que l’exemple des personnes en situation de handicap, il ressortait d’une des conclusions de l’enquête Handilab de la Katholieke Universiteit Leuven, menée à la demande du Service public fédéral Sécurité sociale et du Service public de programmation Politique scientifique, que pas moins de 39 % des personnes handicapées qui perçoivent une allocation vivent sous le seuil de pauvreté européen.

Aussi, nous déplorons qu’un certain nombre de thématiques – je pense à l’alphabétisation, l’enseignement, la formation l’emploi, l’accueil de la petite enfance – aient été d’office exclues de ce plan. Pourquoi les avoir exclus ?

Pourtant, on sait que la proportion de pauvres parmi les personnes détentrices au maximum d’un diplôme d’un niveau d’étude inférieur de l’enseignement secondaire est presque deux fois plus élevée que celles qui détiennent au maximum un diplôme de l’enseignement secondaire supérieur et trois fois plus élevée que celles qui détiennent un diplôme de l’enseignement supérieur. Qu’en est-il de l’amélioration des formations et des leviers à l’emploi, de l’indépendance financière qui en découle ? Qu’en est-il des travailleurs pauvres ?

Comment assurer l’accès à l’autonomie économique à des individus qui connaissent des difficultés particulières sur le marché du travail ? Je pense aux sous-emplois, les temps partiels. Selon le nouveau rapport de l’Organisation de coopération et de développement économique, aujourd’hui, dans la zone OCDE, qui regroupe 34 pays, les 10 % des plus riches de la population ont un revenu 9,6 fois supérieur à celui des 10 % les plus pauvres, alors que la proportion était de 7,1 fois dans les années 80 et 9,1 fois dans les années 2000.

Les inégalités sont encore plus criantes quand on parle en termes de patrimoine que souligne également ce rapport. Selon ce rapport, en ne s’attaquant pas au problème des inégalités, les gouvernements affaiblissent le tissu social dans leur pays et compromettent leur croissance économique à long terme.

On estime que la montée des inégalités entre 1985 et 2005 dans les 19 pays de l’OCDI analysés a amputé la croissance de 4,7 points de pourcentage en cumul entre 1990 et 2010. Pour réduire les inégalités et stimuler la croissance, l’OCDE recommande aux gouvernements – je cite – « de promouvoir l’égalité entre hommes et femmes en matière d’emploi, d’élargir l’accès à des emplois plus stables, d’encourager les investissements dans l’éducation et la formation tout au long de la vie active ». Entre 1995 et 2013, plus de la moitié des emplois créés dans les pays de l’OCDE étaient à temps partiel, sous contrat à durée déterminée ou relevaient de travailleurs indépendants.

En outre, plus de la moitié des emplois temporaires étaient occupés par des moins de 30 ans.

Finalement, aucune de ces recommandations liées à l’emploi ou à la formation ne se retrouve dans ce plan. Or, on sait très bien que l’accès à un emploi est un facteur majeur de limitation de risque de pauvreté pour les ménages dans lesquels le ou la chef(fe) de ménage est d’âge actif. Dois-je rappeler que selon Walstat, en 2012, la dernière publiée, 13,8 % des moins de 18 ans vivaient dans un ménage sans revenus issus du travail en Wallonie ? Autre exemple, qu’en est-il de l’inactivité du  travail à temps partiel obligatoire en raison de responsabilités familiales par manque de systèmes de garde, par exemple ?

Selon le SPF Emploi, Travail et Concertation sociale, en Région wallonne, 36,1 % des personnes ayant des responsabilités familiales ne cherchent pas d’emploi ou travail à temps partiel. Des revenus insuffisants, un mauvais logement, des prix croissants de l’énergie forment vraiment le tiercé gagnant pour la précarité énergétique ? Je me pose la question. Plus d’un tiers des dépenses d’une famille est consacré au logement.

En plus de ces 30 %, les ménages wallons consacrent proportionnellement plus d’argent aux dépenses énergétiques : 6,3 % contre 4,9 % en Flandre et 4,2 % à Bruxelles. Quelle précarité énergétique ce plan est-il censé combattre, résoudre ? De manière générale, le volet qui est consacré à l’énergie, de chiffres, d’objectifs quantifiés, il revend dans une large mesure des actions – comme je l’ai déjà dit précédemment – déjà mises en place par le passé. Très peu de nouveautés y sont consacrées.

Finalement, on peut en conclure que ce plan manque globalement de souffle. Je me pose la question : les pauvres sont-ils condamnés à le rester ? En d’autres mots, la Région wallonne fournit-elle le poisson, mais ne souhaite pas apprendre à pêcher ? Je ne le sais pas. Il faut quand même rappeler que, concrètement, nous avons des constats qui sont posés, qui sont apostrophants. Il faut quand même savoir qu’un Wallon sur cinq est pauvre, un enfant wallon sur quatre, que plus ou moins la moitié des personnes vivant dans les familles monoparentales est pauvre, que 22,6 % des plus de 65 ans sont pauvres, que plus de la moitié des personnes de nationalité non européenne est pauvre.

Comme je l’ai dit, la stratégie européenne 2020 est à mi-chemin de son échéance. Pour rappel, l’objectif belge était de réduire de 380 000 le nombre de personnes touchées ou menacées par la pauvreté et l’exclusion sociale par rapport à 2008. Quels sont, Monsieur le Ministre-Président, précisément les objectifs de ce plan en Wallonie à l’horizon de 2019 ? Par exemple, d’ici la fin de la législature, de combien comptez-vous réduire l’indice de déprivation matérielle des plus précarisés en Wallonie grâce à ce plan ? Un autre point qui attirait également mon attention, c’est que ce plan ne fait mention d’aucun budget. Aucun budget n’est dédicacé au plan. Qu’en est-il ? Comment peut-on dès lors croire en une quelconque concrétisation du plan ?

Finalement, plutôt que de laisser chaque ministre dans son pré carré bien délimité, pourquoi ne pas prendre vous-même le dossier à bras-le-corps et, ayant la coordination de ce plan dans vos attributions, pourquoi ne pas mettre en place des synergies, qu’elles soient finalement interministérielles, intergouvernementales ? On sait très bien que la vie bascule très vite : une perte d’emploi, un accident, une séparation, un divorce, une maladie, un évènement imprévu surviennent et ce sont les personnes vulnérables qui peuvent être confrontées à l’exclusion sociale et à l’obligation de l’affronter.

Dans 88 % des cas, les personnes basculent dans la pauvreté à cause, soit de la perte d’un emploi, de la survenue d’une maladie, d’un accident, d’une séparation du couple – bien sûr malheureusement en hausse. Quand on bascule dans la pauvreté, se loger décemment, manger à sa faim, prendre soin de soi, s’habiller, accéder à la connaissance et à la culture devient alors difficile, voire même impossible.

Nous souhaitons donc vraiment, avec mon groupe, au MR, promouvoir un État social actif, valorisant l’entrepreneuriat, la responsabilité, l’insertion, la participation.

Quand on enferme des familles entières dans l’assistance et quand on les laisse perdre espoir, ce n’est pas l’argent que l’on va gaspiller, ce sont des vies que nous allons gâcher.

M. le Président. – La parole est à M. le MinistrePrésident Magnette. M. Magnette, Ministre-Président du Gouvernement wallon. – Je vais tenter de répondre à tout cela dans un délai qui doit rester relativement court, même si c’est un débat extrêmement intéressant ; je n’ai aucun doute sur le fait que nous aurons l’occasion d’y revenir à de nombreuses reprises.

D’abord, Madame Durenne, Monsieur Daele, Madame Bonni, je partage évidemment les constats. Nous sommes tous frappés et effrayés de voir que la pauvreté subsiste à un tel degré à une époque de si grande prospérité. J’appelle quand même à deux nuances. La première, c’est que je pense que, dans les chiffres que vous avez cités, Madame Durenne, vous les avez pris à l’échelle de l’OCDE. J’ai aussi lu ces rapports ainsi que celui du FMI.

Si vous regardez pays par pays, vous constatez que la Belgique est malgré tout l’un des pays dans lesquels les inégalités progressent le moins. C’est en soi quelque chose dont nous pouvons nous réjouir. Nous avons malgré tous ses défauts, un État social et redistributif qui fonctionne globalement beaucoup mieux que les autres.

Deuxième nuance, c’est que – M. Daele l’a dit et je m’en réjouis – si j’ai voulu prendre l’indice de déprivation, c’est pour deux raisons. La première est statistique – ce n’est pas une très bonne raison, mais c’en est une quand même – c’est que le taux de pauvreté est calculé à l’échelle nationale et on sait que la richesse moyenne est plus élevée que la richesse de la Wallonie. Cela donne donc un peu artificiellement le sentiment que nous sommes très pauvres. Si nous avions un indice à l’échelle régionale, le taux serait beaucoup plus bas puisque le taux de référence sur lequel on le calcule serait hélas beaucoup plus bas. J’ai demandé à l’IWEPS si on pouvait calculer un taux régional et pour 36 raisons de marges d’erreur, de données disponibles, et cetera, cela n’apparaissait pas possible, mais cela relativise quand même.

Cela ne veut pas dire qu’on doit donc se dire que tout va très bien, mais faisons aussi attention à ne pas tomber dans le piège qui nous est parfois dressé de certains – notamment nationalistes flamands – qui disent que la Wallonie est une région terriblement pauvre, que tout le monde est pauvre en Wallonie, et cetera. C’est quand même à relativiser. Le taux de déprivation est, par contre, beaucoup plus objectif puisqu’il est établi sur une base régionale, ce qui permet d’avoir un chiffre beaucoup plus clair – aux alentours de 16,5 % – et est surtout beaucoup plus opérationnel.

Si on dit qu’un enfant sur quatre dans une famille monoparentale est en risque de pauvreté, c’est très bien, mais en quoi cela nous aide-t-il à voir par où on commence ?

Cela nous aide très peu puisque c’est une photographie très macro. Si, en revanche, on dit que dans une famille sur six on doit se priver de l’un des neuf items qui constituent le taux de déprivation, on a là une indication plus claire de la manière dont on peut agir.

Non seulement de la manière dont on peut agir, mais aussi une manière de nourrir le débat entre nous. Je souhaite que l’on ait un débat en Wallonie sur les compétences wallonnes. Qu’est-ce qui n’est pas dans le plan ? Plein de choses ne sont pas dans le plan.

Il n’y a rien dans le plan sur ce qui concerne le Fédéral. J’aurais pu mettre, comme cela se fait dans plein de plans, « la Wallonie appelle l’Europe, le monde et le Fédéral à devenir plus prospères et appelle le Fédéral à individualiser les prestations sociales, à augmenter le RIS, à faire progresser les pensions, et cetera ». Cela ne coûte rien, sauf le temps de l’écrire, mais c’est quelque chose sur quoi on n’a pas de prise. Je trouve qu’il vaut mieux se consacrer sur ce que nous faisons nous et faire le constat qu’en Wallonie nous n’avons pas la possibilité d’agir sur les recettes des ménages. Nous ne fixons ni les salaires, ni l’indexation, ni les pensions, ni les RIS, et cetera.

C’est principalement la responsabilité du niveau fédéral. Mais nous avons beaucoup d’autres responsabilités et concentrons-nous là-dessus. On ne parle pas non plus de la Fédération. On ne parle pas d’éducation, mais c’est bien sûr fondamental l’éducation et je vous rejoins à 100 % là-dessus.

On ne parle pas non plus de la promotion sociale, qui est un élément de promotion sociale particulièrement efficace, de l’Aide à la jeunesse, ni de l’accès à la culture ou encore de beaucoup d’autres choses qui sont très importantes, car cela relève de la Fédération et qu’elle va élaborer son propre plan. Je n’imagine pas que les parlementaires aussi actifs à la Fédération que vous êtes iraient poser la question à mes collègues au Parlement de la Communauté française.

Et puis finalement, et cela est un choix aussi, on ne parle pas non plus de l’emploi.

Non pas que l’emploi ne soit pas important : bien sûr que l’emploi est le levier le plus important pour sortir de la pauvreté, même s’il ne suffit pas toujours. Ce qu’on constate dans les statistiques, c’est qu’il y a de plus en plus de travailleurs pauvres, de travailleurs qui sont à temps partiel subi ou même parfois le temps partiel choisi, ou même parfois le temps plein, mais avec un très bas salaire et qui cumule une situation d’endettement ou une situation familiale compliquée ou un handicap ou une maladie dans la famille, et qui ont néanmoins de très grandes difficultés. C’est vraiment la philosophie dans laquelle on s’est mis : on s’est dit « cessons de travailler par statut ».

On a beaucoup fait cela dans le passé. On s’est dit qu’il y a un problème de pauvreté spécifique ici et donc on va concevoir une politique spécifique pour telle personne avec telle caractéristique. Finalement, on a des plans qui deviennent des espèces de mosaïques avec l’addition de toute une série de dispositifs spécifiques, très certainement nécessaires, mais qui n’abordent pas la problématique de fond transversal de toute une série de familles qui sont en situation de précarité, même si elles n’ont pas l’une de ces caractéristiques spécifiques. Ce qu’il n’y a donc pas dans ce plan, Madame Durenne – comme cela on aura fait l’inventaire de tout ce qu’il n’y a pas – c’est l’emploi, je l’ai dit, parce que l’on aurait pu remettre tout le pacte pour l’emploi dans le plan de lutte contre la pauvreté, mais c’était faire double usage.

Il y a un pacte pour l’emploi qui est en cours d’élaboration – l’emploi et la croissance – qui prévoira toute une série de dispositifs d’aides à l’emploi, avec des dispositifs spécifiques sur les publics qui ont le plus de mal à s’insérer, l’insertion socioprofessionnelle, des contrats spécifiques pour les jeunes, et cetera. Tout cela va venir, mais nous agissons ici à niveau d’emploi constant, tout en espérant qu’un nombre croissant de nos concitoyens puisse sortir du chômage. Dernière chose qui ne figure pas dans ce plan, c’est tout ce qui se fait déjà.

Vous évoquiez par exemple la situation des personnes en situation de handicap, vous savez que le budget de l’AWIPH est un des plus gros budgets de la Région wallonne et que nous sommes considérés comme une Région en pointe sur le plan européen dans l’aide que nous apportons aux personnes en situation de handicap. On ne parle pas ici non plus du sans-abrisme, qui est une forme de pauvreté extrême, et de l’ensemble des dispositifs qui existent.

On ne parle pas des gens du voyage qui sont un public très régulièrement visé par les enquêtes internationales parce que vivant souvent en situation de grande précarité. On ne parle pas de l’habitat permanent… Non pas que tout cela ne soit pas important, mais tout cela se fait et continuera à se faire. Pour la même raison, on ne parle pas non des plans de cohésion sociale. On vient ici avec ce qui s’ajoute au dispositif. Dans ce qui s’ajoute, il y a des choses qui sont dans la DPR, me dites-vous.

C’est vrai, parce que quand on a rédigé la DPR, on a consulté le réseau wallon de lutte contre la pauvreté, on a pris leur mémorandum. Ils avaient trois demandes fondamentales : – être consultés par le Gouvernement ; nous l’avons fait ; – que le Ministre-Président prenne en charge la compétence, ce que j’ai fait, en considérant qu’en prenant en charge la compétence, je pouvais mieux obtenir de l’ensemble des membres du Gouvernement qu’il s’implique que si c’est un ministre fonctionnel qui demande à ses collègues de s’impliquer ; – que la Wallonie adopte enfin un plan parce que c’est quand même le premier plan de lutte contre la pauvreté – c’est un peu tard, mais enfin il arrive – et que les acteurs du secteur soient en permanence associés au suivi de ce plan ; c’est également un engagement que nous avons pris. Voilà pour la philosophie générale.

Je ne vais pas beaucoup plus loin que cela. Quelques mots sur le budget, Monsieur Daele. Oui, l’ensemble des mesures sera budgété et l’ensemble des mesures aura un budget. Pour certaines, on a déjà des budgets prévus par chacun des ministres, que ce soit la formation aux TIC à concurrence de 1,3 million d’euros, les espaces publics numériques à concurrence 300 000 euros par an, et cetera. On peut vous donner tous ces budgets.

Ce que je n’ai pas voulu faire, c’est de l’habillage ou du double comptage. Cela se fait beaucoup à d’autres niveaux de pouvoir, mais je n’ai pas envie de jouer à cela. Cela aurait été très facile de dire : « dans le logement, on fait X milliers de logements publics nouveaux, dont coût X centaines de millions d’euros, cela fait autant ; dans le domaine de la santé, on va investir autant pour la médecine de première ligne, pour les maisons médicales, cela fait autant ». En faisant l’addition de tout cela, je serais arrivé à quelques centaines de millions d’euros voire probablement aux alentours de deux milliards d’euros pour l’ensemble de la législature. Et nous savons tous très bien que si l’on fait une conférence de presse et qu’on dit qu’il y a un plan à 2 milliards d’euros pour la lutte contre la pauvreté, cela aurait été un gain médiatique facile à faire.

Je n’ai pas voulu le faire parce que j’ai voulu être honnête jusqu’au bout dans la démarche en disant que ce n’est pas un plan avec des budgets additionnels. C’est un plan qui comprend beaucoup de mesures qui sont non coûtantes. Quand vous faites ce qui est demandé par le secteur depuis des années et des années, à savoir un fonds de garantie locative, cela n’a pas de coût sauf un léger coût de fonctionnement qui peut être mutualisé sur les intérêts générés par le coût.

Quand vous créez une grille indicative des loyers en vue petit à petit de contenir leur régulation – c’est une demande absolument fondamentale du secteur – cela n’a pas de coût. Quand on établit la tarification progressive telle que vous l’avez évoquée, cela n’a pas de coût pour les pouvoirs publics puisque c’est une autre manière de mutualiser le coût entre les différents opérateurs. Je peux multiplier les exemples comme cela.

Il y a énormément de mesures qui n’ont pas directement de coût et qui ne sont pas néanmoins forcément les moins importantes. Souvent, c’est en agissant sur la manière dont nos politiques sont conçues plus qu’en y mettant de l’argent que l’on résout un certain nombre de problèmes. Ceci étant, y a-t-il des mesures neuves dans le secteur du logement, dans le secteur de l’énergie ? Bien entendu qu’il y en a et qu’il y en a beaucoup. Quand on fait mieux accéder les revenus moyens au logement social, me dites-vous, est-ce que c’est une mesure de lutte contre la pauvreté ? Ou bien les mutations ? Vous isolez ces deux mesures-là, c’est votre droit le plus strict, mais ce qui est une contribution à la lutte contre la pauvreté, c’est un changement global de la manière d’attribuer les logements.

Parce que s’il y a bien une mesure, s’il y a bien un fait que tous les sociologues qui ont étudié la pauvreté pointent comme une trappe à la pauvreté, c’est la concentration des pauvres. Le fait que les personnes vivant en situation de pauvreté vivent dans un univers clos entre personnes qui se ressemblent est le premier empêchement pour eux à sortir de cette situation de pauvreté parce qu’ils n’ont pas d’autres exemples, ils n’ont pas d’autres modèles et parce que le réseau relationnel dans lequel on se débrouille et dans lequel on tire des exemples de trajectoire personnelle est un horizon fermé. Pour cette raison, aux États-Unis – mais cela ne se pratique pas chez nous – on extrait des familles de ghettos et on va les localiser dans d’autres quartiers.

C’est une conception très américaine que l’on n’oserait pas faire chez nous. Par contre, amener dans ces quartiers des populations d’autres origines sociales, refaire des quartiers de logements publics, des quartiers mixtes comme ils n’auraient jamais cessé de l’être, plutôt que d’en faire des ghettos de personnes extrêmement précarisées, c’est permettre aux personnes en situation de pauvreté qui sont dans ces quartiers, de vivre avec d’autres personnes, de construire d’autres relations sociales et d’avoir statistiquement plus de chances de sortir de cette trappe de pauvreté dans laquelle ils sont enfermés pour ne prendre que cet exemple-là qui est l’un des plus porteurs. Pour le reste, il y a des mesures typiques et demandées par le secteur, comme les baux types, les capteurs logement, l’accompagnement social des locataires.

Je n’ai pas le temps de rentrer dans le détail et nous aurons débat sur chacun des chapitres de ce plan dans chacune des commissions concernées. Il en va de même en matière d’énergie : la redéfinition de la notion de client protégé, les plans de paiement raisonnables, l’évaluation du dispositif d’accompagnement des publics, le soutien aux fournisseurs d’énergie qui sont inscrits dans une démarche de responsabilité sociétale, la tarification progressive. Tout cela vient de la demande du secteur.

Pour le dire en un mot comme en cent : 100 % du plan viennent de demandes exprimées par les associations reconnues dans le secteur de lutte contre la pauvreté et par la Fédération de CPAS qui est le principal secteur public de ce domaine. On n’a pas inventé les dispositifs qui viennent de chez nous. Ce qui s’est passé – et c’est pour cela que cela a pris un an – c’est que ce très long processus de consultation et de concertation a amené des travailleurs sociaux de CPAS, des travailleurs sociaux de relais sociaux, des bénévoles d’associations, des représentants du réseau wallon de lutte contre la pauvreté et d’autres réseaux à nous dire : « Tiens, dans le logement public, la trappe principale est celle-là. Dans le logement privé, la difficulté principale est celle-là.

Dans l’énergie, c’est celle-là ». Le travail qui a été le mien a été de dire que la philosophie est le taux de déprivation et voici les chapitres sur lesquels nous allons travailler parce que nous avons des compétences wallonnes et qu’il y a vraiment moyen de faire quelque chose. Une fois que cette architecture a été arrêtée, c’est le secteur qui nous a fait remonter des mesures dont ils étaient demandeurs. On a repris toutes les mesures qui relevaient de nos compétences et pour lesquelles nous avions des budgets suffisants. Je ne vais pas être beaucoup plus long que cela. J’ajouterai simplement, sur le plan de l’évaluation, parce que c’est pour moi un élément extrêmement important aussi, que nous avons longuement travaillé avec l’IWEPS.

L’avantage du taux de déprivation est qu’il est très concret. On va pouvoir travailler avec ce que l’on appelle des groupes contrôles. On va donc pouvoir identifier des groupes de personnes en situation de pauvreté statistiquement identifiés, mais les identifier à titre personnel, et comparer des groupes qui bénéficient et d’autres qui ne bénéficient pas des mesures pour vérifier que cette mesure a vraiment un effet pour faire sortir certaines familles de la pauvreté et permettre de les amplifier, permettre de donner accès à ceux qui n’y ont pas accès aujourd’hui, mais dont on pense qu’ils y ont droit pour en sortir.

De même que l’IWEPS, sur l’ensemble des dispositifs du Plan wallon de lutte contre la pauvreté, comme on le fait pour le plan Marshall, établira à la fois des indicateurs de résultats et des indicateurs de réalisation. De tout cela, nous rendrons compte ici, au Parlement. Le but est au aussi que ce projet, qui est très important pour moi, c’est aussi important que le plan Marshall… Il ne servirait à rien d’avoir un niveau de richesses qui augmente si, dans le même temps, un cinquième de notre population reste en situation de très grande précarité. Cela arrive dans beaucoup de pays qui décollent. Malheureusement, il faut que la cohésion sociale suive au même rythme que la prospérité économique et il faut que nous ayons l’occasion d’en débattre ici dans cette commission, mesure par mesure, que vous nous disiez : « Cette mesure-là ne marche pas, elle est inefficace, elle a des effets pervers. Telle autre mesure, en revanche, est efficace » et que l’on puisse de cette manière faire évoluer. Je le répète, ce n’est qu’un premier plan, j’espère qu’il y en aura un deuxième, un troisième, un quatrième, un cinquième.

Le sixième, je ne serai plus là pour le voir et nous espérons qu’il ne sera plus nécessaire et que, d’ici là, nous ayons de vrais progrès, réels, concrets et mesurables sur le terrain.

M. le Président. – La parole est à Mme Durenne.

Mme Durenne (MR). – Merci, Monsieur le Ministre-Président. J’ai bien entendu que vous disiez : « C’est un peu tard ». Effectivement, on l’attendait, mais on se réjouit de le voir.

Si je prends en Flandre, il existe un plan depuis 2001, où l’on retrouve le chapitre emploi, le chapitre éducation. Vous venez de bien l’expliquer, vous avez travaillé, au niveau du Parlement wallon, mais pourquoi ne pas pouvoir, ou vouloir, travailler aussi avec les autres niveaux de pouvoir si on a envie de donner une impulsion à ce plan ?

J’espère que l’on pourra avancer dans ce sens. Je reviens sur la stratégie européenne 2020. Comme je l’ai dit, nous sommes à mi-parcours, mi-échéance 2010-2020, nous sommes en 2015. Nous avons ici des chiffres.

Ce n’est pas moi qui les ai inventés, j’ai pu les sortir. Je ne vais pas être très longue, j’en cite simplement deux : un emploi pour 75 % de la population âgée de 20 à 64 ans, l’objectif belge est de 73,2 %. En Wallonie, 61,8 % en 2014. L’abaissement du taux de sortie précoce du système scolaire à moins de 10 % ; l’objectif belge est de 12,5 % ; 12,9 % pour la P.W.- C.R.A.C. N° 1 (2015-2016) – Lundi 28 septembre 2015 22 Wallonie. J’aimerais connaître les objectifs de ce plan à l’horizon de 2019, s’il y a moyen de me les communiquer.

Je l’ai dit, le chapitre emploi est à mes yeux très important, parce que l’on parlait, dans la mobilité, de l’accès au permis de conduire. C’est chouette, mais il faut aussi le chapitre emploi qui est à la base de tout. Les choses les plus importantes pour moi sont ces objectifs de la stratégie européenne 2020. Si vous pouviez m’apporter quelques précisions là-dessus

[1] Source : http://www.levif.be/actualite/belgique/les-inegalites-entre-riches-et-pauvres-au-plus-haut-depuis-30-ans-dans-l-ocde/article-normal-396269.html

[2] La précarité énergétique fait référence à une situation dans laquelle une personne ou un ménage rencontre des difficultés particulières dans son logement à satisfaire ses besoins élémentaires en énergie