Intoxication de camps scouts cet été

Intoxication rivièreJe suis revenue sur les diverses intoxications qui ont touché plusieurs camps de mouvement de jeunesse cet été, dont les scouts de Celles.

J’ai donc interpellé les deux Ministres concernés qui m’ont donné une réponse plus ou moins complète.

Je déplore juste le manque de volonté d’aller plus loin. Les Ministres se retranchant derrière ce qui existe déjà. Cela n’a pourtant pas permis d’éviter les intoxications de cet été.

La méthode utilisée est-elle la bonne?

Je proposai la mise en place d’un site web utilisable par tous les mouvements de jeunesse pour reprendre l’ensemble des informations qui doivent, pour l’instant, être recherchées auprès d’un nombre trop important d’institution: AFSCA, Communes, Région Wallonne, etc.

On se doute bien que la préparation d’un camp est déjà quelque chose de prenant et que rajouter des démarches administratives ne fait qu’alourdir la charge alors qu’il est tout à fait possible de simplifier la démarche.

La totalité des échanges ci-dessous. 

Question à M.D. Simonis, Ministre de la Jeunesse

Mme Durenne (MR) – Je désirerais revenir avec vous sur certains faits qui ont alimenté l’actualité cet été. Comme vous le savez, chaque année ce sont des centaines de jeunes qui partent en camp grâce aux mouvements de jeunesse. La préparation d’un camp est une grosse responsabilité pour les animateurs et prend du temps.

Cet été, probablement aussi causé par les fortes chaleurs, plusieurs camps ont été victimes d’intoxications avec à chaque fois, au moins une dizaine d’enfants malades. Pour au moins un de ces camps, l’intoxication est due à l’eau de la rivière qui traversait la prairie. Cela a été prouvé par les analyses effectuées.

La presse l’a relaté, pour plusieurs de ces camps, le plan d’urgence communal a dû être déclenché. On peut s’imaginer que les jeunes et les animateurs se seraient bien passés de ça…

Madame la Ministre, ma question est très simple : n’y a-t-il pas moyen de prévenir ce type d’évènements via une meilleure information envers les mouvements de jeunesse sur les rivières qui bordent leur prairie ?

Une collaboration entre la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Région Wallonne est-elle envisageable pour assurer cette information, voire même pour instaurer un système de classement des rivières entre celles qui pourraient être dites « à risque » et celles qui ne le sont pas ?

Réponse

Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances. – La question des rivières et de l’eau consommée ou utilisée par les jeunes pendant les camps constitue un volet important de la sécurité alimentaire et de l’hygiène. Les intoxications de cet été sont liées soit à l’eau des rivières soit à l’eau fournie par les propriétaires des lieux où se déroulaient les camps.

Actuellement, les propriétaires et les communes informent les groupes de la possibilité de baignade et de l’état des cours d’eau qui bordent le campement. À la Région wallonne, le service de contrôle de l’eau, par l’intermédiaire de la cellule des maladies infectieuses, répond également aux questions des mouvements de jeunesse sur l’état des rivières.

Ceux-ci peuvent encore faire appel à l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA). Les scouts élaborent pour le moment, en collaboration avec l’AFSCA et l’organisation de jeunesse Résonance, une charte de bonnes pratiques d’hygiène. Les cinq mouvements de jeunesse reconnus par notre Fédération, à savoir les scouts, les guides catholiques de Belgique, la Fédération nationale des patros, les scouts et les guides pluralistes, et les Faucons rouges, organisent des formations au cours desquelles sont abordés l’hygiène alimentaire et les règles de base de sécurité et d’hygiène.

Comme vous le soulignez, les Régions sont compétentes pour la santé et les affaires communales. Je mène et soutiens des projets pour maintenir et renforcer les liens avec ces entités fédérées.

Comme annoncé dans la note d’orientation de la législature, je souhaite créer un répertoire et une labellisation des lieux de camps, en concertation avec la Région.

Je souhaite aller plus loin et favoriser les initiatives pour renforcer le dialogue entre les communes et les organisations de jeunesse quant à l’organisation des camps. Je déposerai prochainement une note au gouvernement en ce sens.

Mme Véronique Durenne (MR). – Il est effectivement nécessaire de renforcer le dialogue entre les communes et les mouvements de jeunesse. À Paliseul, par exemple, s’il y avait eu un dialogue à la base, la «catastrophe» aurait pu être évitée. Les responsables ont dû informer les parents.

Nous avons reçu de nombreux coups de fil, et des parents sont venus reprendre leurs enfants, ce qui est compréhensible. La communication avec ces mouvements de jeunesse doit être améliorée.

Pourquoi ne pas pré- voir un site qui renseignerait les cours d’eau classés comme étant à risques? J’ai bien noté que vous souhaitez un répertoire des lieux qui permettrait d’avoir accès à ces informations importantes.

Question écrite à Carlo Di Antonio, Ministre de l’environnement

Je désirerais revenir avec vous sur certains faits qui ont alimenté l’actualité cet été. Comme vous le savez, chaque année ce sont des centaines de jeunes qui partent en camp grâce aux mouvements de jeunesse. La préparation d’un camp est une grosse responsabilité pour les animateurs et prend du temps.
Cet été, probablement aussi causé par les fortes chaleurs, plusieurs camps ont été victimes d’intoxications avec à chaque fois, au moins une dizaine d’enfants malades. Pour au moins un de ces camps, l’intoxication est due à l’eau de la rivière qui traversait la prairie. Cela a été prouvé par les analyses effectuées.
La presse l’a relaté, pour plusieurs de ces camps, le plan d’urgence communal a dû être déclenché. On peut s’imaginer que les jeunes et les animateurs se seraient bien passés de ça…
La question qui se profile est dès lors simple : n’y a-t-il pas moyen de prévenir ce type événements via une meilleure information envers les mouvements de jeunesse sur les rivières qui bordent leur prairie ?
Une collaboration entre la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Région Wallonne est-elle envisageable pour assurer cette information, voire même pour instaurer un système de classement des rivières entre celles qui pourraient être dites « à risque » et celles qui ne le sont pas ?
Réponse
Les mouvements de jeunesse éditent une brochure reprenant tous les aspects sanitaires, environnementaux nécessaires à leurs membres chaque année.
Les chefs de camps ont à disposition cette brochure avec eux lorsqu’ils partent en camps. Mais, il y a lieu de rappeler qu’une eau de rivière ne doit pas être utilisée pour des usages domestiques telle la préparation de repas ou comme eau de vaisselle, quelle que soit la qualité de cette eau.
Par ailleurs, j’informe au début de l’été le grand public, via la Presse, des endroits de baignades autorisés en Wallonie compte tenu de la qualité de l’eau.
En dehors de ces sites, la baignade est tolérée, sauf interdiction émise par une Commune, mais sans aucune garantie sur la qualité bactériologique de cette eau, et donc aux risques et périls du baigneur.