Le plan quinquennal de la santé tarde…

plan quinquennalConcernant le Plan quinquennal de promotion de la santé, la situation est loin d’être optimale puisque le plan actuel court depuis 2004, soit depuis 12 ans. Or la santé est un domaine qui évolue d’année en année grâce à la recherche, il serait donc logique d’enfin réadapter ce plan à la réalité actuelle.

Ceci montre une énième fois l’impréparation de la Wallonie face aux enjeux de la régionalisation car cette compétence est héritée des accords de la Sainte-Emilie – répartissant les compétences entre la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Wallonie et Bruxelles – qui datent de… 2013.

L’utilisation du futur dans la réponse du Ministre de la Santé, Maxime Prévot, à ma question parlementaire ci-dessous laisse présager que ce Plan ne naîtra pas avant un certain temps, ni même en 2016, ce qui est déplorable.

Cela d’autant plus que la réalité institutionnelle a changé et que des dispositions de l’actuel plan sont devenues obsolètes.

Encore récemment, des études ont montré qu’il fallait agir préventivement contre les fléaux tels que l’alcool, la cigarette, etc. qui constituent des facteurs de risque important de développement de maladies cardio-vasculaires ou de cancers comme celui du poumon. D’autres thématiques comme la consommation de drogues, les MST ou encore les attitudes saines doivent être centrales.

En regard de ce qui se passe dans les autres régions, on ne peut que s’attrister du temps perdu dans chaque décision alors que le transfert de compétences est connu depuis longtemps.

De plus, en comparaison à l’efficacité et le fonctionnement dynamique de certains systèmes de promotion de la santé dans des pays comme le Québec ou la Suède on ne peut que déplorer le peu d’actions entreprises en Wallonie qui semble immobile et appuyée sur ses acquis.

Il est clair que le prochain Plan quinquennal devra être ambitieux et montrer clairement la voie à suivre, avec une série d’objectifs précis et d’évaluations intermédiaires afin de s’assurer de sa bonne évolution. Il conviendra également d’orienter l’action sur les provinces où la situation est plus défavorable.

Le futur Plan devra éviter les pièges du Plan Pauvreté qui ne se limite qu’aux compétences Wallonne. La santé, comme la Pauvreté, est transversale et doit absolument se penser au sens large en incluant, par exemple, des compétences actuellement communautaires comme l’enseignement et la petite enfance.

Il devra anticiper la recrudescence de maladies ou encore l’arrivée de nouvelles maladies. Récemment, on a vu resurgir plusieurs cas de gale. Doit-on s’en inquiéter pour l’avenir ?

Nous attendons aussi du gouvernement qu’il nous fasse une évaluation du Plan de 2004 afin de voir si celui-ci a rencontré les attentes.

Retrouvez la totalité de l’échange ci-dessous. 

QUESTION ORALE DE MME DURENNE A M. PRÉVOT, MINISTRE DES TRAVAUX PUBLICS, DE LA SANTÉ, DE L’ACTION SOCIALE ET DU PATRIMOINE, SUR « LE PROGRAMME QUINQUENNAL DE PROMOTION DE LA SANTÉ »

Mme la Présidente. – L’ordre du jour appelle la question orale de Mme Durenne à M. Prévot, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l’Action sociale et du Patrimoine, sur « le programme quinquennal de promotion de la santé ». La parole est à Mme Durenne pour poser sa question.

Mme Durenne (MR). – Monsieur le Ministre, le domaine de la santé recouvre de très vastes thèmes tous plus variés les uns que les autres. Parmi ceux-ci, nous retrouvons celui de la promotion de la santé définie par la charte d’Ottawa de 1986 comme étant un objectif en vue de donner aux individus davantage de maîtrise de leur propre santé et davantage de moyens de l’améliorer.

D’abord communautarisée et depuis peu régionalisée, la promotion de la santé, dans des sujets aussi importants que la lutte contre les assuétudes, la prévention des cancers, des maladies infectieuses, cardiovasculaires, de la santé buccodentaire, et bien d’autres, faisait l’objet de plans quinquennaux.

Le dernier de ces plans est le Programme quinquennal de promotion de la santé de 2004-2008 qui avait alors été prolongé jusque 2012. Un de mes collègues faisait remarquer que le plan a ensuite une nouvelle fois été prolongé jusqu’au 31 décembre 2014. Vous l’avez prolongé vous-même en 2015 via le décret budgétaire.

À l’heure où les États et les entités subétatiques se réforment afin d’affronter au mieux l’avenir, il serait logique que la Wallonie se dote d’un nouveau plan d’action en matière de promotion de la santé regroupant à la fois les éléments liés directement et indirectement à la santé.

Il aurait été logique que ce programme voit le jour en même temps que l’AViQ, pourquoi pas ?

Ce nouveau Programme de promotion de la santé est-il en cours d’élaboration ? La réflexion suit-elle son cours et va-t-elle aboutir prochainement ? Si oui, quand ? Si non, quels en sont les freins ?

Quelles seront les futures priorités de ce futur programme ?

Sera-t-il globalisant ? Sera-t-il dès le départ doté d’un mécanisme d’évaluation et d’objectifs concrets comme c’est le cas en Flandre, par exemple ?

Mme la Présidente. – La parole est à M. le Ministre Prévot.

M. Prévot, Ministre des Travaux publics, de la Santé, de l’Action sociale et du Patrimoine. – Madame la Députée, j’ai déjà attrait à de très nombreuses reprises puis évoqué la situation ce programme Promotion de la santé.

Toujours est-il que le décret budgétaire du 17 décembre 2015 a à nouveau prolongé le programme quinquennal pour une année supplémentaire, permettant ainsi d’assurer la continuité des actions menées par les opérateurs de terrain pour l’année 2016.

Suite aux différentes réformes institutionnelles, les Régions se sont vu conférer de plus en plus de compétences et cette sixième réforme de l’État a accentué cette tendance. Ce transfert de compétences représente une opportunité et un défi pour la Wallonie d’appréhender de façon globale la promotion de la santé et la prévention en harmonisant les différentes compétences santé qui lui ont été transférées. Dans la réforme de la promotion de la santé qui sera entreprise, la Wallonie veillera à avoir une vision de la promotion de la santé et de la médecine préventive.

Cette matière s’articulera autour d’un plan d’amélioration de la santé des Wallons et des Wallonnes, j’espère que le MR ne nous en voudra pas de refaire un nouveau plan. Ce plan permettra de guider les acteurs qui souhaitent développer un volet ou des stratégies ou actions dans le cadre de la promotion de la Santé.

Il s’agira d’établir un cadre d’actions pour les acteurs en lien avec les milieux de vie et les publics cibles. C’est sur base de ce plan que les opérateurs seront subventionnés. Une collaboration avec les différentes autorités, notamment l’ONE, devra être prévue ainsi qu’avec les autorités fédérées ou fédérales ayant des compétences en matière de santé.

Il faudra veiller à définir différents concepts tels que la promotion de la santé, les inégalités sociales de santé, les déterminants de santé, la médecine préventive. De manière transversale, il faudra prévoir l’accès à des bases de données, développer des outils de communication et définir les processus d’évaluation. Vous voyez que c’est bel et bien prévu.

Au niveau des acteurs de la promotion de la santé et de médecine préventive, il faudra repenser la manière de les subventionner, en tenant compte des actions menées et du public cible, du territoire couvert et surtout en prévoyant de maintenir les projets dans la durée. De multiples consultations et concertations relevant de l’administration du conseil de stratégie et de prospective de l’AViQ, des opérateurs de terrain auront bien entendu lieu afin de guider l’élaboration du nouveau dispositif de promotion de la santé et de médecine préventive, incluant le Plan de l’amélioration de la santé des Wallons et des Wallonnes et le plan wallon Nutrition-Santé.

Le travail de réflexion relatif aux nouveaux dispositifs de promotion de la santé est donc bel et bien en cours, je vous le confirme, et il se poursuivra tout au long de l’année 2016.

Mme la Présidente. – La parole est à Mme Durenne.

Mme Durenne (MR). – Merci, Monsieur le Ministre. On le sait, la santé est un enjeu particulièrement important dans la qualité de vie des gens et l’élaboration d’un tel programme de promotion de la santé est important. Cela indique vers quoi la Wallonie tendra, quelles seront les grandes lignes et les grands secteurs qui seront mis en avant par la Région.